Amazon: une opposition trans-partisane au sein de l'Assemblée Nationale veut stopper l'expansion des géants du e-commerce @CDF_Commercants @amisdelaterre
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Article N°24200

Amazon: une opposition trans-partisane au sein de l'Assemblée Nationale veut stopper l'expansion des géants du e-commerce @CDF_Commercants @amisdelaterre

A l’heure où 12 nouveaux projets de plateformes logistiques Amazon et Alibaba vont être autorisées en France dans les prochaines semaines, un front commun de parlementaires issus de différentes familles politiques de droite, de gauche et du centre s’oppose à l’expansion des géants du e-commerce. Aux côtés de la Confédération des Commerçants de France et des Amis de la Terre, les parlementaires dénoncent les effets irréversibles sur les commerces de proximité et l’explosion de l’empreinte carbone que représenterait le doublement de l’activité d’Amazon dans l’hexagone et demandent au Gouvernement de stopper ces projets. Décryptage.
 

Dans une tribune parue ce matin dans Libération[1] initiée par la Confédération des Commerçants de France et les Amis de la Terre, faisant écho à une proposition de loi déposée le 2 juin dernier par Delphine Batho, des députés la quasi-totalité des partis politiques demandent au Gouvernement le gel des projets d’entrepôts du e-commerce en France pendant 2 ans afin d’étudier leurs impacts et d’élaborer un plan pour préserver les emplois de proximités et de réduire l’empreinte carbone de la France.
Parmi les figures LREM on retrouve, entre autres, Barbara Pompili, Laurianne Rossi, Benoît Potterie ou Romain Grau; Philippe Berta ou Erwan Balanant pour le MODEM, mais aussi une grande majorité de députés du nouveau parti EDS, comme les médiatiques, Matthieu Orphelin ou Cédric Villani. Des députés LFI, Loic Prudhomme ou François Ruffin, ou Les Républicains, dont Philippe Gosselin, soutiennent également la mesure. Ils sont enfin appuyés par Yannick Jadot et de nombreux élus locaux et candidats aux municipales à Paris ou à Lyon. 
 
Les signataires alertent sur les destructions d’emplois irréversibles que ces projets entraîneraient. L'annonce de la procédure de sauvegarde de Célio ce matin vient alourdir la liste des probables dépôts de bilan dans le commerce non alimentaire, qui pourraient détruire jusqu’à 26 000 emplois en 2020[2]
Le Covid-19 n’a fait que précipiter en France un phénomène que l’on observe aux Etats-Unis et au Royaume-Uni depuis plusieurs années: la faillite massives de commerces, incapables de soutenir l’expansion ultra-agressive du e-commerce qui n’hésite pas à frauder la TVA[3] et à vendre à perte depuis des années pour casser les prix. Aucun commerce de proximité ne peut se permettre de ne pas dégager de bénéfice ou d’être hors des lois comme le font ces plateformes. Les pertes d'Amazon sont compensées par d'autres activités et sont nécessaires pour détruire la concurrence et se placer en situation de monopole. 270 000 emplois ont été détruits par le e-commerce en 10 ans[4], et le Royaume Uni a enregistré 13 000 suppressions d’emplois en 2018[5]
 
L’expansion du e-commerce représente en outre une menace écologique très importante. 
Avec ses nouveaux projets, Amazon importerait plus d’1,3 milliards de produits neufs supplémentaires par an en France, alors que les gaz à effets de serre liés à la fabrication de ces produits représentent déjà plus de 10% de nos émissions[6].
 
Francis Palombi, président de la CDF, regroupant 450 000 entreprises et plus d’un million d’emplois s’inquiète : « Les commerces de proximité n’ont plus le choix. Le doublement de la surface de stockage d’Amazon en France menace directement 15 000 emplois de proximité à court terme, mais probablement beaucoup plus si rien n’est fait. L’agonie sera longue, mais elle peut être évitée si le gouvernement décide de prendre ses responsabilités».
 
Rares sont les mesures qui ont reçu l’appui d’une telle diversité de groupes politiques. Pourtant, le Gouvernement refuse toujours de geler les projets[7].
A ce sujet, Barbara Pompili, députée LREM de la Somme et présidente Présidente de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire s’est exprimée dans le Monde: «Il faut fixer nos priorités pour le plan de relance. Ainsi, si on favorise l’implantation de gros entrepôts d’e-commerce comme ceux d’Amazon, il ne faut pas pleurer sur les problèmes des petits commerces[8]».
 
Alma Dufour, chargée de campagne surproduction aux Amis de la Terre conclut: “La Convention Citoyenne pour le Climat s’est prononcée ce week-end en faveur de l’arrêt des équipements commerciaux pour limiter l’artificialisation, réduire l’empreinte écologique et préserver les commerces de proximité[9]. Ouvrir 12 projets Amazon et Alibaba supplémentaires est à contre-courant de l’histoire. Les parlementaires le comprennent. Le gouvernement ne doit pas être l’élément bloquant de la lutte contre le dérèglement climatique et contre les destructions d’emplois».


 
 
[1] Libération, Le commerce de proximité menacé par Amazon : quel commerce voulons-nous ?, 22 juin 2020
[2] Conforama (9000 emplois), la Halle (6000), Naf Naf (1600), Orchestra (2900), André (600), Alinéa (2000), Célio (2600), Camaieu, Tie & Rack ...
[3] Les Echos, Exclusif : Une Fraude massive à la TVA mise à jour dans l’e-commerce, 9 décembre 2019
[4] Service économique de l’ambassade de France aux Etats-Unis, L’impact du e-commerce sur les commerces physiques aux Etats-Unis, 2017
[5] Eurofund, Amazon’s expansion in Europe, 21 mai 2019
[6] 1/4 de l’empreinte carbone qui représente 57% des émissions totales. Ademe, Dossier de Presse: La face cachée des objets :vers une consommation responsable, septembre 2018
[7] Le Monde, Du Gard à Paris, l’expansion d’Amazon suscite des résistances, 19 juin 2020
[8] Le Monde, Du Gard à Paris, l’expansion d’Amazon suscite des résistances, 19 juin 2020
[9] Convention citoyenne pour le Climat, Mesures sur l’artificialisation : Se Loger

Gaelle Laborie

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