Le film PARKOUR(S) de Fatma Zohra Zamoum au cinéma Saint-André des Arts à partir du 24 Juin 2020
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Article N°24152

Le film PARKOUR(S) de Fatma Zohra Zamoum au cinéma Saint-André des Arts à partir du 24 Juin 2020

Algérie contemporaine, une petite ville où a lieu la fête de mariage de Kamila et Khaled. Une journée spéciale, traditionnelle, mais où s’invitent des intrus...

Synopsis

Algérie contemporaine, 6 heures du matin, la petite ville s’éveille pendant qu’un parkouriste (free runner ou traceur) s’entraine.

Salima, 40 ans, une aide cuisinière, fille mère de Nedjma, se réveille tard. Et comme il n’y a pas de transport car la route est bloquée par des mécontents, elle arrive en retard à la cuisine de la salle de mariage où elle travaille.

Sonia, 55 ans, une chanteuse, mariée à un homme plus jeune qu’elle, se prépare à aller chanter à un mariage. C’est à 9 heures qu’elle prend la route avec son mari Kamel.

Kamila, 27 ans, la mariée, passe des heures à regarder ses souvenirs d’enfance et à faire des choses sans relation avec son mariage. Elle est comme absente à ce qui se prépare.

Dans la salle de mariage les préparatifs vont bon train quand Youcef, 27 ans, ami d’enfance de Kamila, arrive. Il vient offrir son aide à la famille de la mariée pour ce jour spécial.

Youcef est un pauvre vendeur à la sauvette d’accessoires de téléphone à la station de bus et passionné de parkour. Il a confié son « commerce » à son ami Yamaha.

Le futur marié, Khaled, 30 ans, un riche commerçant et vendeur de meubles a prévu, quant à lui, de passer son après midi au hammam avec ses amis.

Toutes ces personnes qui se retrouvent à la fête traditionnelle et organisée dans un milieu conservateur, amènent avec elles et malgré elles, leurs problèmes et leur mal vie.

Et quand l’écart entre les choix personnels de vie et les rigidités de la tradition et du pays sont si importants alors, tout se discute.

A 6 heures de l’après midi quand l’histoire se termine, beaucoup de choses auront bougé (mouvement ou Hirak) pour le meilleur et pour le pire.

Avec
Adila Bendimered, Nazim Halladja, Nadjia Laaraf, Mohamed Bounoughaz,
Houda Hachemi, Redouane Nehar, Abdelrahim Bouarour, Abdelhamid Rabia,
Rabéa Soltani, Loubna Boucheloukh, Lali Mansour, Mohamed Brik Chaouche, etc.

Un film de Fatma Zohra Zamoum
Scénario de Fatma Zohra Zamoum
Image de Youcef Benallègue
Son de Nadjib Lamraoui
Musique de Farid Belhoul (Diaz)
Montage image de Maéva Dayras et Fatma Zohra Zamoum
Montage son de Aissa Moulai
Mixage de Aissa Moulai et Postproduction 2000

Une production de Z et Compagnie Production
En coproduction avec Cinérêve Productions
Avec la participation du FDATIC du Ministère algérien de la culture, Cash Assurances, Studio Casbah, etc.
Avec la contribution de Crowdfunders (Ulule) et Association Z et Cie.

Quelques mots de la réalisatrice

J’ai l’habitude de nager à contre courant mais le courant était trop fort cette fois et j’ai crains de ne pas atteindre le rivage. Du coup, je suis ravie de pouvoir enfin parler de ce film intitulé PARKOUR(S) pour une petite sortie en salles, une seule salle à Paris, le St André des Arts, dès le 13 mai 2020.

Et pour parler du projet dès le début, il me faut revenir à 2015, moment où j’ai écris un scénario intitulé RESET avec l’intention de mettre un coup de pied dans la fourmilière de l’hypocrisie sociale et politique en Algérie mais aussi dans la façon dont les projets de femmes venant du Maghreb sont entendus en France et ailleurs.

Alors j’ai convoqué tous les problèmes qui me semblaient possibles en une journée de narration, une fille mère, une femme artiste mariée avec plus jeune qu’elle, une future mariée qui a décidé de se laisser faire par convention sociale et choix familial, un jeune homme border line socialement mais qui transforme sa colère en parkour ou free run jusqu’à ce qu’il considère ne plus rien avoir à perdre et du coup il accule les autres à la même position.

Et tout ce beau monde de fiction rassemblé en une journée dans un scénario écrit en 2015 a été tourné en janvier et février 2018 en Algérie (entre Boufarik et Zéralda).
Mais comme pour la production il ne s’est pas passé grand chose entre 2016 et le début du tournage, sur le plan des financements institutionnels ou d’industrie, ni en Algérie, ni en France, ni ailleurs, c’est bien seule mais avec des crowdfunders sur Ulule, des comédiens, des techniciens jeunes et pour la plupart volontaires et quelques partenaires locaux, que j’y suis allée. Et forcément de vraies personnes qui veulent que le film advienne cela donne la niaque !

Alors nous y sommes allés tous ensemble, 6 mois de préparation entre repérages, recherche de sponsors, partenaires et de solutions pratiques, 3 semaines de tournage et de nombreux obstacles personnifiés (le Wali de Blida lieu de tournage qui nous refuse son aide et assistance mais son interdiction n’était pas souveraine sur celle attribuée par le ministère de la culture on a bataillé pour faire admettre l’état face au pouvoir local ; le chef de la DGSN qui dit non pour l’usage de tenues de police et fait des obstacles en conséquences ; une commission de lecture du FDATIC qui met 1 an et demi à lire le scénario et ne le valide d’après tournage avec commentaires sur le scénario, un visa d’exploitation qui mets 3 mois à être délivré, et j’en passe)

Forcément, le résultat est un film pauvre au tournage mais pas tant que ça : on a eu du matériel de tournage et d’éclairage de notre coproducteur industrie Cinérêve Production, les assurances de matériel et de personnes de notre partenaire Cash Assurances et pour le reste on a mangé des omelettes et on s’est débrouillé pour le logement et la transport (merci Amina Castaing de Bang Bang pour 2 semaines de vans de transport).

Et nous avons surtout eu l’investissement des jeunes parkouristes de APF (Algerian Parkour Family) pour tout, l’investissement d’acteurs avec lesquels j’ais travaillé sur mes films précédents (Nadjia Laaraf, Mohamed Bounoughaz, Loubna Boucheloukh et Mohamed Brik Chaouch, etc). Et l’amitié ou l’investissement particulier de comédiens avec lesquels j’ai collaboré pour la première fois Adila Bendimered et Houda Hachemi et Mohamed Said Mosbah (ce dernier m’a dit « on t’accompagne sur ce projet, même à pied » et c’était précieux).

L’énorme travail qu’ont fait les comédiens et techniciens qui ont été polyvalents par nécessité (occupant des postes artistiques et techniques) a été formidable, ils ont changé de casquette aussi rapidement que nécessaire et autant de fois que les circonstances et conditions de tournage l’ont exigé. Donc si vous vous attardez sur le générique de fin, ne soyez pas étonnés de retrouver les mêmes noms pour les techniciens et comédiens.

Farid Belhoul (Diaz) a aussi été parmi les premiers à me dire oui pour écrire la musique du film et à être disponible pour composer des musiques mais aussi jouer le rôle de l’apparition issue de psychotropes, sans garantie du paiement du travail de création et de présence. Et je lui suis reconnaissante pour ça.

Et enfin quand on a eu le luxe, grâce au financement du FDATIC (CNC Algérien intervenu dès aout 2018), de payer ceux qui ne l’étaient pas (comédiens et techniciens) et de commencer une postproduction intéressante mais pas forcément confortable (selon les standards internationaux) on a été ravis.

Alors le film terminé début mars 2019 a recherché des festivals et n’en a pas trouvé tant que ça mais ce n’est pas grave, il va sortir au cinéma Saint-André des Arts où j’ai eu personnellement mes grandes émotions de cinéma : la découverte des films de Andrei Tarkovski et d’Ingmar Bergman début des années 90 pendant que je faisais mes études en histoire de l’art et ma culture à la Sorbonne.

J’appartiens peut être à une époque révolue de la cinéphilie et de la largeur d’esprit du public et peut être suis-je devenue has been avant de devenir à la mode mais comme disent les italiens « me ne frega ».

En tous cas, étant libre de toute contrainte de production, de financements et de formatage pour ce film, j’ai souhaité ajouter des challenges esthétiques et narratifs (le split screen servi par deux caméras à chaque fois que se dispute un espace personnel, social, politique, etc.), une présentation longue et lente des personnages, des épisodes de parkour en mode pop art en matière d’étalonnage pour traduire l’état intérieur du personnage. Alors c’est volontariste certes mais ce sont là mes intentions pour ce film pauvre.

Et en y mettant tout cela j’ai dit ce que je voulais dire ce jour dans PARKOUR(S) sur le désespoir des jeunes, des femmes et de tous ceux qui ont fait le choix du mouvement face à l’immobilisme social, institutionnel, politique et économique. Bref, un regard sur le manque de perspective et d’opportunités dont souffrent les algériens, ce qui a surement abouti au Hirak (et je ne veux pas faire de sur-lecture critique).

Fatma Zohra Zamoum
Mars 2020



A partir du 24 juin à la séance de 13h (uniquement) et jusqu'au 14 juillet (sauf les mardis).
Chaque projection sera suivie d'un débat avec la réalisatrice et/ou l'équipe du film présente à Paris.
Saint-André des Arts - 30 Rue Saint-André des Arts, 75006 Paris

Source Association Z et Cie

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