Ma fille, Mon enfant : Une BD dénonce le racisme ordinaire dans notre société. Sortie prévue en février @bamboo_edition
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Article N°23642

Ma fille, Mon enfant : Une BD dénonce le racisme ordinaire dans notre société. Sortie prévue en février @bamboo_edition

Comment renouer avec son rôle de mère ?

 Le jour où Chloé annonce à sa mère que son petit copain s’appelle Abdelaziz, la nouvelle  passe mal. Car, bien qu’elle s’en défende, Catherine est raciste. Et que personne ne se berce d’illusions ! Elle désapprouve cette relation et ne se prive pas de le faire savoir. Les relations entre la mère et la fille se tendent, se détériorent, s’amenuisent, puis disparaissent. Quand un évènement tragique frappe Abdelaziz, Catherine veut soutenir sa fille. Mais le lien est rompu.

BIOGRAPHIE  :

David Ratte voit le jour en 1970 à Besançon.
Il empoigne son premier crayon à l’âge de 3 ans et ne le lâche plus. Au collège, il crée un fanzine et y publie ses premières planches. Autodidacte dans l’âme, il intègre les Beaux-Arts… mais n’y passe qu’une demi-journée. Après des études (inachevées) dans l’architecture d’intérieur,  il se lance dans la vie active à 17 ans en tant que dessinateur publicitaire free-lance.

En 2004, il rencontre Arleston et réalise plusieurs récits courts pour  Lanfeust Mag. En 2006, il crée la série Toxic Planet (Paquet) et reçoit le Prix du meilleur album humour de l’année au festival de Chambéry. L’année suivante, il se consacre définitivement à la BD. Il crée alors la série Le Voyage des Pères (Paquet) qui reçoit le Prix international  de la BD chrétienne au festival d’Angoulême 2008 ainsi que le prix du Jubilé en 2011. Parallèlement, entre 2009 et 2011, David illustre la série Majipoor (Soleil) sur un scénario d’Olivier Jouvray.
Entre 2014 et 2019 il ajoute un deuxième cycle au Voyage des pères  (Paquet), illustre Les Aventures extraordinaires du Père Limpinpin, un livre pour enfants, sur un texte de Stéphanie Dunand-Pallaz (Chours) et créé la série Mamada (Paquet).

DAVID RATTE / L’INTERVIEW
 
• L’album parle du racisme ordinaire, sujet de société sensible et omniprésent dans les médias que tu as décidé de le traiter par le prisme d’une relation mère/fille. Plutôt osé  comme démarche, non ?
 
DR : En effet, le racisme ordinaire est régulièrement dénoncé dans les médias, relayé dans les réseaux sociaux, puis commenté (plus ou moins sincèrement) par les politiques et les peoples. En public, tout le monde est d’accord pour dire que le racisme, c’est mal (et gare à celui qui ne le fait pas !). Toutefois, dans la sphère privée, c’est une autre paire de manches. On s’aperçoit que les préjugés ont la peau dure. Combien de parents de ma génération qui scandaient « blacks, blancs, beurs » en 1998 seraient d’accord pour que leur fille de 17 ans sorte avec un garçon qui s’appelle Abdelaziz et dont la mère porte le hijab ?

• Au fil de l’album, on voit la relation entre la mère et la fille se détériorer, au point de devenir inexistante. Une reconstruction est-elle envisageable bien que les deux parties soient en totale opposition ?

DR : Je m’intéresse beaucoup aux relations parents/enfants. C’est un thème qu’on retrouve dans plusieurs de mes séries comme Le Voyage des Pères ou Mamada. Je crois à la réconciliation et j’adore les histoires de rédemption. Pour moi, il n’y a rien de plus émouvant que quelqu’un qui reconnaît ses erreurs et qui fait un pas vers celui ou celle qu’il a blessé. Mais ça demande énormément d’humilité et de courage. Ça implique aussi de laisser de côté cette fichue pudeur qui gangrène bien souvent les relations familiales. La question est de savoir si Catherine, la mère, aura ce courage.

• Pourquoi avoir voulu traiter de ce sujet délicat ? Est-ce pour dénoncer des comportements ? Faire évoluer les mentalités ?
 
DR : J’essaye surtout de témoigner de mes expériences. Mon père est guadeloupéen, ma mère franc-comtoise. J’ai grandi dans une cité HLM. Mes amis étaient arabes, africains, asiatiques. Ma petite amie (qui est aujourd’hui ma femme) est fille d’émigrés espagnols. On était bien sûr confrontés au racisme ordinaire, mais à titre personnel, ça me passait un peu au-dessus de la tête. Par contre, en vieillissant j’ai réalisé à quel point nos parents, eux, en avaient souffert. Toute sa vie, ma mère a été considérée comme « celle qui avait eu un enfant avec un noir »… au grand désespoir de mes grands-parents.
 
Plus récemment, j’ai vécu dans une petite ville du Sud. La plupart des habitants avaient des origines espagnoles. Par contre, la municipalité menait une politique de logement quiavait pour effet de décourager toute installation de personnes de couleur sur le territoire de la commune.
 
 
Résultat, sur 9 000 habitants, il y avait un seul noir. Et quand finalement deux familles musulmanes se sont installées, on a fait en sorte que leurs enfants soient scolarisés dans des écoles différentes afin d’éviter tout « regroupement communautaire ». J’ai compris que tous mes voisins (pourtant très sympathiques) vivaient l’esprit plus tranquille en sachant que les gens de couleurs étaient tenus à l’écart. C’est de ce genre de personnes dont je parle dans Ma fille, mon enfant.

• Crois-tu aux fins heureuses ? Pour toi l’Homme peut-il changer ?
 
DR : J’ai l’impression que tant qu’il y aura des frontières (réelles ou symboliques) entre les pays, les régions, les villages et les quartiers, il y aura du racisme ordinaire. Par essence,
l’être humain est rempli de préjugés et, à moins d’un effort conscient, il le reste. Mais je garde quand même un petit espoir. Dans mon histoire, Chloé se montre plus ouverte  l’esprit que sa mère. Je veux croire que la génération montante fera mieux que nous dans ce domaine.
MA FILLE, MON ENFANT - Bamboo Edition.
Prix : 18,90 €
96 pages
ISBN : 978-2-8189-6906-9

Source Bamboo Edition

Lien :www.bamboo.fr

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