Jusqu'où allons nous tolérer la trackerisation, la datification de nos vies privées ?

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Article N°17212

Jusqu'où allons nous tolérer la trackerisation, la datification de nos vies privées ?

La révolution numérique revêt deux faces, une lumineuse, une ténébreuse, comme pour le célèbre roman du docteur Jekyll et de M. Hyde qui est devenu une métaphore universelle du conflit entre le bien et le mal de toute chose, humaine ou technologique.

La face positive, celle exercée par « data-specialist » ou « data-scientist », qui s’occupent d’interpréter des masses de données et de chiffres issus d'internet et des milliards de capteurs des objets connectés.

Par exemple, aujourd’hui il n'y a pratiquement aucun sport dont la performance n’ait été impactée par le Big Data et l’utilisation de méthodes quantitatives. Les athlètes sont ainsi suivis par des capteurs qui « trackent en temps réel et manière géolocalisé» tous les éléments de leur performance, du rythme cardiaque à la géolocalisation en passant par les tests de salive.

Toutes les données issues de ces capteurs permettent à leur entraineur de mieux comprendre les facteurs qui impactent la performance d’un atlhète et d’identifier de manière prospective le potentiel d’un futur champion.

Il peut en être le cas pour des hommes politiques comme Barack Obama (grace aux communities organizers des réseaux sociaux) ou pour Donald Trump, et pourquoi pas demain pour tous nos élus.

 

Car aujourd’hui, le Big Data et les Analytics ne sont pas réservés aux sportifs de haut niveau mais aussi aux amateurs, voire les « amateurs du dimanche » qui ont ainsi à leur disposition des outils permettant de datifier la performance pour qu’elle puisse être suivie, analysée et améliorée.

Les Sports Tracker, très populaire aux USA, pour se benchmarker ses performances sportives (voire sexuelle) avec ses amis est très répandu.

Le  Slam Tracker d’IBM testé avec succès durant le Roland Garros 2014 permettra de fournir des Analytics point par point en temps réel, qui intègrent une analyse du sentiment sur les réseaux sociaux, pour permettre aux fans de voir l’impact du support hors-court sur le jeu du joueur.
Les commentateurs ont également quantité de statistiques à fournir aux téléspectateurs lors des arrêts de jeux ou des moments lents, et il est devenu courant qu’ils « crowd-sourcent » certains de leurs commentaires grâce aux fils de discussion Twitter.

Il en est de même pour l’e-santé qui se définit (selon l’OMS) comme « les services du numérique au service du bien-être de la personne » ou  comme « l’utilisation des outils de production, de transmission, de gestion et de partage d’informations numérisées au bénéfice des pratiques tant médicales que médico-sociales ».

Les objets connectés et la datification de notre vie quotidienne
Mais la face négative existe aussi, le fait d’être connecté signifie aujourd’hui être surveillé et le seul moyen de s’en prémunir est de se débarrasser des « trackers ». Ils considèrent que la vie privée est menacée par l’usage croissant d’objets connectés. 

C'est le cas d'une technologie de surveillance des communications (Made in France et baptisé « système Eagle ») fournie par la société française Amesys (une filiale du groupe Bull  ) qui a bien été utilisée massivement par le régime libyen de Mouammar Kadhafi pour réprimer ses opposants qui ont pu être fichés, arrêtés et torturés, grâce à cette surveillance numérique.

C'est aussi le cas avec la NSA et Google, le simple fait de taper certains mots-clés ou de mentionner "un article" sur Daech, un "livre traitant de la corruption en Lybie » suffit à se retrouver fiché et surveillé, grâce au système « Eagle » par le régime Lybien.

Les « trackers » ces outils qui servent à suivre les consommateurs connectés et l'on peut s'interroger sur la collusion entre les Etats, des fonds publics, des services de renseignements et les industriels, pour renforcer ces modèles de siliconisation du monde, de quantification de la vie.

Le telescreen (télécran) objet fictif inventé par George Orwell dans son roman 1984 publié en 1948 était à la fois d'un système de télévision qui diffusait en permanence les messages de propagande du Parti, et de Vidéo-Surveillance qui permet à la Police de la Pensée d’entendre et de voir ce qui se fait dans chaque pièce où se trouve un individu. Nous y sommes totalement depuis l'instauration d'une véritable police politique qui tracke tous projets de manifestations et tout manifestant sur les réseaux sociaux et sur leurs écrans.

Seuls les membres du Parti intérieur pouvait (dans la prédiction d'Orwell), semble-t-il, arrêter le télécran qui se trouve à leur domicile pendant une courte période.

Des logiciels espion pilotant des micros, des webcams dans les écrans de télévision, d'ipad dès le collège, de nos portables, mais également avec tous les objets connectés et les possibilités de suivi de leurs utilisateurs ainsi que l'orientation de leurs préférences et de leurs comportements, grâce aux applications notamment, que ces équipements permettent. Ceci en échange de la quasi gratuité services (Google, Facebook), ou des produits (Apple) fournis.

De même, que devons nous penser de l'utilisation de nos données médicales et médico-sociales pour nos assurances et mutuelles ? 

Il devient urgent d'inventer des solutions innovantes contre de telles innovations, de développer des enseignements innovants pour favoriser une pensée critique et éthique du monde présent et à venir.

Vous avez d’autres exemples d’applications du Big Data, n'hésitez pas à venir les partager ici ?



Olivier LUISETTI

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