Transat Jacques VABRE 2019 : 1 NOVEMBRE 2019 6ème JOURNEE  @TransatJV_fr #TransatJV

| Michel Lecomte - Journaliste | Voile | Transat Jacques VABRE 2019  Vu 9940 fois
Article N°23385

Transat Jacques VABRE 2019 : 1 NOVEMBRE 2019 6ème JOURNEE @TransatJV_fr #TransatJV

La flotte de la 14ème Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre se scinde en trois groupes ce matin. Au sud, les leaders sortent de la dorsale qui les aura occupés une douzaine d’heures. Ils renouent avec des vitesses d’environ 20 noeuds dans l’ alizé instable qui souffle au large du Maroc. Tous les Class40 ont désormais franchi la latitude du cap Finisterre et naviguent toujours au près le long des côtes espagnoles et portugaises. Les IMOCA les plus à l’ouest, profitent quant à eux du bon flux qui enveloppe les Açores. Ils devraient doubler l’archipel dans la journée avec environ 200 milles de retard sur les meilleurs mais vont devoir eux aussi franchir la barrière des hautes pressions…

A 4 h 45 ce matin, Charles-Louis Mourruau et Estelle Greck ont prévenu la direction de course qu’ils avaient démâté. Les deux co-skippers étaient à l’intérieur pendant leur changement de quart lorsque le mât est tombé sur le pont, suite à l’arrachement de la cadène d’étai. Ils naviguaient au près dans 20 à 25 noeuds de vent au large des côtes portugaises. Charles-Louis et Estelle ont pu récupérer l’espar et n’ont subi aucun dommage physique.

Ce duo avait réalisé jusqu’alors un superbe début de course, tenant tête aux bateaux de dernière génération sur leur Pogo de série. Ils étaient positionnés à la 7ème place lorsqu’ils ont démâté, à moins de 40 milles du leader des Class40. Ils sont actuellement positionnés à 280 milles de Lisbonne ou Porto.

 



Avec le démâtage tôt ce matin du Class40 Entraide Marine – ADOSM et l’arrêt au stand qui se prolonge pour l’Imoca MASCF à Lorient, 53 équipages naviguent actuellement entre Porto, pour les derniers Class40, et les îles Canaries, pour les premiers Multi50 et Imoca. De chaque côté de la dorsale bien installée autour de Madère, les conditions de navigations sont plutôt rugueuses : vent fort et grosse mer désordonnée au large des côtes portugaises, vent arrière dans des alizés bien nerveux avec masque et tuba de rigueur au large du Maroc ! La bagarre fait rage dans chacune des trois flottes étalées sur plus de 700 milles. Ce soir, Chappellier/Leboucher reprennent la tête des Class40, Lamiré/Carpentier restent aux commandes des Multi50 et Beyou/Pratt tentent de garder Dalin/Eliès dans leur tableau arrière. Il y a du sport en mer !

Class40 : A choquer les écoutes !

Ils attendaient ce moment depuis plus de 4 jours. Cette petite rotation du vent qui signifie beaucoup : plus de mer ni de vent en pleine face, et des vitesses qui augmentent au compteur. « Depuis plusieurs jours, on a une mer casse-bateau et on avait un peu peur pour le mât. On a attaqué mais cette nuit, c‘était un peu chaud et on a fini par réduire. Bientôt, ce sera beaucoup mieux. » expliquait ce midi Emmanuel Le Roch sur le Class40 Edenred. Enfin, cet après-midi, les conditions s’améliorent pour descendre plein pot vers les alizés si la dorsale se montre conciliante. L’angle du vent est désormais presque idéal pour les carènes au nez rond et retroussé. Les vitesses à deux chiffres apparaissent sur les classements, et les écarts se réduisent. Crédit-Mutuel décalé dans l’ouest accélère nettement et affiche plus que 16 milles de retard sur le premier Aïna Enfance & Avenir. La flotte des Class40 qui voit un cinquième équipage rentrer au port, démontre sur cette Route du café un niveau de jeu très élevé et des amateurs éclairés tenir le rythme de façon magistrale.

Multi50 : Solidaires En Peloton – ARSEP au milieu des îles Canaries

En tête depuis hier midi grâce à une parfaite maîtrise des petits airs dans la dorsale, Gilles Lamiré et Antoine Carpentier déboulent dans l’ouest de La Palma à plus de 22 nœuds talonnés par Sébastien Rogues et Matthieu Souben, 3 milles dans leur tableau arrière. Autant dire que les binômes ne doivent dormir que d’un œil voire pas du tout quand ils ne sont pas de quart ! Relégués en troisième position, Thibaut Vauchel-Camus et Frédéric Duthil ont fait le choix de passer à l’intérieur de l’archipel entre les îles de Ténérife et Gran Canaria. Ils vont devoir bien négocier la sortie car le dévent est conséquent (50 milles) sous le Pico de Teide, volcan haut de 3 700 m !

Imoca : Charal magistral

Ils se sont vus en mer au large de Marrakech et Charal a depuis distancé Apivia de 20 milles ce soir. Il faut dire que Jérémie Beyou et Christopher Pratt ont parfaitement enchaînés les empannages les uns après les autres. Un superbe escalier pour descendre jusqu’au nord des Canaries. Dans les alizés, il fait meilleur, mais les conditions de navigation sont hyper humides. Les casquettes reçoivent des trombes d’eau, Charlie Dalin parlait avec humour de la nécessité de mettre masque et tuba sur ces nouveaux engins volants. Arkea-Paprec s’est fait distancer par le groupe de six bateaux (Banque Populaire, Initiatives-Cœur, Groupe Apicil, Corum L’Epargne, 11th Hour Racing et PRB) toujours en pleine bagarre à 60 milles de la tête de course. Derrière Groupe Setin et Campagne de France ralentis dans la dorsale, les partisans de l’Ouest cravachent pour rattraper leur retard dans un vent qui a adonné et qui leur a permis de foncer toute la journée vers le sud. Cela ne va pas durer, Madère et sa zone de vents mous vont les cueillir cette nuit. « C’est un peu le point critique pour arriver dans les alizés. J’espère qu’on va traverser vite. On aura du retard, mais on guette la moindre opportunité, on a un bon bateau à ces allures » confiait philosophe et serein Thomas Ruyant (Imoca Advens for Cybersecurity).

 

Multi50 : Nouvelle hiérarchie
Solidaires en Peloton ARSEP a abandonné pour la première fois depuis le Havre la tête du classement hier après-midi. La dorsale a souri aux chasseurs, qui sont rentrés dans le système un peu plus à l’ouest et ont joliment prolongé leur premier bord plus longtemps. Thibaut Vauchel-Camus et Fred Duthil empannaient un peu tôt et se voyaient rapidement contraints de multiplier les manœuvres pour sortir des griffes de la dorsale. C’est finalement Sébastien Rogues et Matthieu Souben qui s’emparent de la première place ce matin grâce à une trajectoire tendue et bien maîtrisée. Et c’est comme un nouveau départ pour ces trois bateaux qui ont encore 3000 milles pour se départager jusqu’à Salvador de Bahia ! La sortie de la dorsale signe aussi pour ces petits multicoques la fin d’une certaine quiétude. « Le bateau demande beaucoup d’attention, la mer est chaotique, le vent pas très calé et il faut garder la tête froide » expliquait ce matin Sébastien Rogues. Masque de ski et combinaison sèche seront les meilleurs alliés dans les prochains jours sur ces Multi50 qui réclament beaucoup de temps à la barre pour aller vite au portant dans la brise en conservant une certaine sécurité.

IMOCA : Mini break pour Apivia et Charal
Les deux foilers de nouvelle génération ont fait parler la poudre hier dans la journée. Rentrant dans la dorsale au coude à coude avec le groupe de poursuivants emmené par Initiatives-Cœur, ils en ressortent avec près de soixante milles d’avance ce matin. Apivia qui prolonge sa route bâbord amures vers la Mauritanie ne tardera certainement pas à empanner s’il veut passer ensuite au nord de l’archipel des Canaries. « C’est un complet changement de décor » indiquait ce matin Charlie Dalin sur Apivia. « Le vent est monté à 30-32 noeuds lorsqu’on a empanné dans la nuit et le bateau fait des pointes à 26. On a remis les cirés et les bottes. C’est ambiance casque lourd mais je suis ravi des performances du bateau ! »Troisième ce matin, Banque Populaire a très bien tiré son épingle du jeu et porte haut l’étendard des bateaux à dérives après plus de 1000 milles de course. Car la flotte commence à s’étirer en sortie de dorsale puisque le dixième Newrest Art et Fenêtres pointe déjà à plus de 130 milles des leaders.

Plus loin derrière, il a fallu se remotiver pour les tenants de l’option ouest. De guerre lasse, le quintet a obliqué vers le sud hier à la mi-journée. Leur bord commençait très mal avec un angle assez catastrophique mais depuis le vent a un peu adonné et surtout forci, ce qui permet au quintet Maitre CoQ, Bureau Vallée II, Hugo Boss, Prysmian Group et Malizia 2 Yacht Club de Monaco de retrouver une meilleure cadence. Pas de quoi revenir tour de suite dans le jeu néanmoins car pendant que les leaders redémarrent dans l’alizé, ce groupe des cinq va devoir à son tour se frayer un passage dans les hautes pressions…
Au jeu des options et des générations de bateaux, la course en IMOCA a généré des écarts considérables : Après un peu plus de 1000 milles de course, 400 milles séparent Apivia de V and B…

Class40 : La valse des leaders
Les Class40 ont tous basculé vers le sud hier. Le tandem Aïna Enfance et Avenir - Leyton avait abandonné la première place à Made in Midi à la mi-journée et c’est ce matin Crosscall Chamonix Mont Blanc qui a pris le leadership. Louis Duc et Aurélien Ducroz tirent bénéfice de leur positionnement dans l’est, avec près de 110 milles d’écart en latéral par rapport à Leyton « On est resté un peu conservateurs, » expliquait Louis Duc ce matin. « On ne voulait pas partir dans l’ouest les yeux fermés. La flotte est pas mal étalée maintenant et c’est le passage des Canaries qui va être déterminant. Ça met du jeu, c’est ça qui est intéressant ! »
En attendant, les concurrents sont toujours au près à peine débridé dans une ambiance chaude et humide. Et ils rongent leur frein en rêvant d’alizé : « On construit des bateaux faits pour le reaching et le portant et depuis le départ, on ne fait que du près. Vivement que ça change !  concluait le skipper de Crosscall Chamonix Mont Blanc avant de passer la barre à Aurélien Durcroz à l’issue de son quart de trois heures.

Ils ont dit

Sébastien Rogues – Primonial (Multi50)
"Les alizés ne sont pas vraiment structurés. Ça devrait s’améliorer dans la journée. On espère que la mer et le vent vont nous laisser du répit. On se relaye toutes les 2h - 2h30, le bateau demande beaucoup d’attention pour naviguer et ça demande pas mal d’énergie.Côté classement, on ne s’emballe surtout pas, on a encore mille choses à faire, on sait que c’est encore long et il faut garder la tête froide."

METEO DE LA JOURNEE

Depuis l’époque de la marine à voile, les anglais les appellent trade winds. Promesse de richesse, les alizés accélèrent les trajectoires et creusent les écarts. C’est bien ce qui se joue en ce moment sur la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre. Toucher les  alizés se mérite souvent, suppose un un peu de réussite parfois mais une fois pris le train, ces puissants vents portants ne prêtent qu'aux riches ! Résultat, les écarts qui vont se stabiliser dans les prochaines 24 heures pourraient à nouveau s’accroître tout au long du week-end.

Début d’alizé pour les leaders

« On a eu plus de vent que prévu dans la journée. La dorsale ne nous est jamais vraiment passé dessus et on est sorti des hautes pressions en un seul empannage » expliquait ce matin Charlie Dalin. Certains ont eu moins de réussite à l’image d’Initiatives coeur et Banque Populaire, pourtant dans le sillage de Charal et Apivia. Idem pour Solidaires en Peloton ARSEP qui a vu les deux Multi50 rentrer quelques milles à son vent dans le système des hautes pressions pour en ressortir beaucoup plus facilement. 

Toujours est-il que ce matin, les leaders la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre foncent à 20 noeuds. C’est encore un peu mou pour Romain Attanasio et Sébastien Marsset qui ferment la marche de ce groupe, alors qu’au large de Gibraltar, Manu Cousin et Gildas Morvan rentrent dans le système. 

Nerveux et pas encore bien établi, l’alizé au large du Maroc lève une mer assez chaotique aux dires des skippers, mer qui va se ranger dans la journée avec le vent qui va un peu baisser - il est monté jusqu’à plus de 30 noeuds en fin de nuit. Son angle nord-est contrarie tout de même la route des leaders qui n’arrivent pas à faire mieux qu’un cap au 260° en tribord amures mais ne peuvent pas trop descendre le long de la Mauritanie sur l’autre bord au risque de voir l’archipel des Canaries leur faire barrage à la sortie. 

C’est en tous cas  un changement de décor radical en comparaison avec la journée d’hier. Sans transition, le stress de la vitesse, du bruit et des jeysers s’invite à nouveau à bord (mais la température remonte !)

Double pleine à l’ouest

Pour les skippers à l’est du 15ème degré de longitude, la descente vers l’alizé devrait plutôt bien se passer. Le matelas de haute pression est assez étroit à traverser (dorsale) et il reste un bon flux de nord-ouest sur le point d’entrée. Les choses risquent de se compliquer sérieusement pour les partisans de la route ouest. Après la déception hier de ne pas tirer partie de leur engagement sur cette voie prometteuse, ils découvrent de nouveaux cailloux dans leurs bottes. L’anticyclone des Açores  rejoint celui des Bermudes (carte de samedi et dimanche) et la zone de transition à traverser s’épaissit sérieusement. Aujourd'hui, ça va encore : pendant que les leaders tirent des bords de portant avec un angle pas terrible, les IMOCA de l'ouest accélèrent la cadence sur la route directe. Mais pendant le week-end, les leaders qui auront progressé dans l'alizé vont faire une route de plus en plus rapprochante vers Salvador de Bahia et les retardataires vont buter dans l'anticyclone. Là, l'écart peut se révéler conséquent...

Chez les Class40, deux groupes se sont clairement formés et ils évoluent en parallèle à une bonne centaine de milles d’écart. Tous vont pouvoir enfin ouvrir les voiles à partir de ce soir et pendant le week-end avant d’être ralentis dimanche. La stratégie pour les deux groupes est la même : aller le plus vite possible tout droit au sud. Mais compte tenu de l’écart latéral, les opportunités et la réussite de la traversée des hautes pressions pourraient être assez diverses dimanche et lundi...


 

6ème JOUR de course : L'ACTUALITÉ DES EQUIPAGES

 

Yeux collés, bottes encore aux pieds, duvet légèrement humide juste posé par-dessus le pantalon de ciré, il faut ouvrir les yeux et ne pas se poser de questions. Faut y aller ! Il y a de l’air et ça tape pas mal contre la coque. Ca sent le café, mon coloc’ est sympa… Se lever, enfiler la vareuse étanche et prendre 30 secondes pour se refaire le film d’avant le plongeon dans les profondeurs du sommeil récupérateur. Echange rapide avec le co-skipper sur la façon dont le bateau se comporte, le vent qui adonne où fait des siennes, la route que l’on s’est fixée depuis quelques heures et l’éventuel empannage à prévoir. Un œil sur l’écran, sur les dernières images satellites… A toute à l’heure, je veille.

Ca se passe comme ça en mer. Les quarts de jour comme de nuit sont le quotidien des marins. Quand les skippers racontent et disent « On ne lâche rien », c’est bien de cela dont ils parlent. Etre « au taquet », en permanence, ne vivre que pour le bateau et la course contre les petits copains, échanger rapidement entre deux quarts pour garder sa lucidité. Ca siffle, sa couine dans tous les sens, peu importe on s’écrase de sommeil après sa veille et on se réveille aux aguets. C’est fou comme la vie en mer éveille vos sens et à la fois vous plonge dans un sommeil que vous n’accepteriez même pas à terre. « On dort super bien, ce n’est pas un problème » raconte Emmanuel Le Roch sur son Class40 Edenred, qui expliquait ce midi sentir le bateau taper comme « des coups de boutoirs depuis deux jours sur une mer dure et casse-bateaux. »

J'ai demandé à la lune...

La lune est encore bien maigrichonne au large du Portugal et des Canaries. Dommage, car elle est bien précieuse. Tous les marins le disent, c’est un spot dans la nuit qui vous permet de continuer à appréhender les risées, de voir les rides sur l’eau… Et ce soir, pour ceux qui sont dans la dorsale (Water Family, Campagne de France et Groupe Setin), l’histoire est compliquée. « On n’y voit pas grand-chose, mais on sent que le vent rentre, on vient de faire l’envoi du spi ! » raconte à 20h30 Gildas Morvan sur Groupe Setin. A tâtons dans la nuit noire, les skippers manœuvrent comme en régate à Port-La-Forêt. En revanche, pour ceux qui naviguent autour des Canaries, c’est soirée rock’n roll. Les Multi50 déboulent à 22 nœuds avec la pression de ne pas faire d’erreur tellement ils sont proches les uns des autres. Groupe GCA – Milles et un sourires est toujours en tête décalé dans le sud dorénavant à 17 milles de Primonial et à 23 milles de Solidaires En Peloton – ARSEP qui sort tout juste de sa traversée entre les îles. Les Imoca de tête on fait le choix de passer au nord et de contourner l’archipel canarien à 20 nœuds de moyenne. Ce soir, au programme, c’est soirée mousse et seaux d’eau pour ceux qui sont en veille ! 

 

Voici quelques nouvelles du bord, en route plein sud à la hauteur de Lisbonne. Sous trinquette et 1 ris, 20/30nds de vent. Nous venons enfin d'attraper la bascule du vent à l'ouest. Depuis notre départ d'Ouessant, c'était l'objectif et le temps a été long pour trouver cette sortie. Ce matin le vent a molli comme prévu sur les fichiers gribs et j'étais
impatient de renvoyer de la toile en envoyant le genois. Les modèles annonçent un vent qui mollit, l'éléctronique du bord donne la même tendance. Après qeulques hésitations, nous foncçons à l'avant pour faire la manœuvre, a peine terminée  et le vent est remonté aussitôt à 30nds, on s'est bien fait avoir car un rapide coup d'œil à l'horizon auraitpermis de voir le front arriver...
Ca commence à être le problème: à force d'être tous centrés sur nos écrans on oublie l'essentiel de nos sens ! Les outils météo d'aujourd'hui sont vraiment impressionnants : grâce au logiciel squid on peut récupérer une image satellite de notre zone prise seulement 15' avant pour nous permettre de voir au-delà de l'horizon et anticiper les grains.

Les manœuvres se sont enchaînées toute la journée pour s'adpater et nous sommes bien contents de notre retour sur les premiers. La suite s'annonce différente avec du vent portant et des conditions plus calmes.
Ian est occupé à nettoyer une légère fuite de gazoil dans le compartiment arrière. Le dessalinisateur a désamorcé ce matin, il faudra démonter quelques tuyaux pour remettre ça en marche et avoir de l'eau douce.
Pour le reste tout va bien, Crédit Mutuel est en parfait état pour continuer la descente à fond. On se fait encore bien secouer et la vie à bord n'est pas confort, mais on est bien contents d'être en mer.
Déjà vendredi soir, on vous souhaite un bon we !
Adrien

 

Ce vendredi 1er novembre, Florian Gueguen et Raphaël Auffret ont contacté la direction de course de la Transat Jacques Vabre pour l'avertir de la casse du support de leur hydrogénérateur. Si ce dernier a pu être sauvé, la plaque du support est quant à elle tombée à l'eau, empêchant toute réparation en mer.

Sans cette 2ème source d'énergie à bord, tous les instruments ont dû être coupés obligeant les deux skippers à alterner les quarts à la barre. Le Class40 Equipe Voile Parkinson fait aujourd'hui route vers le port de Quinta Do Lorde situé à l’Est de l’île de Madère pour réparer au plus vite l'hydrogénérateur et faire le plein de gasoil. L'arrivée à Madère est prévue dans la nuit de dimanche à lundi. 

Si la réparation devrait être rapide, le règlement de la Transat Jacques Vabre impose un arrêt de 4h minimum. Florian et Raphaël ne comptent pas rester une minute de plus pour ainsi revenir au plus près des autres concurrents et poursuivre leur traversée de l'Atlantique vers le Brésil

 

La machine à laver en mode essorage
Le bateau craque, tape, on fait des sauts dans le poufff ! Ça va faire 3 jours que je vis à l'interieur du bateau !
Depuis peu ça glisse plutôt bien, on marche à 12 nds actuellement et le beau temps est revenu donc c'est chouette !
Hâte d'être sous les alizés pour avoir la chaleur et le beau temps et faire du toboggan à toutes vitesses avec le bateau !
Je suis déjà en short et en tong j'attends plus que la chaleur pour sortir le chapeau.
Il faut tout de même avouer que malgré la bonne compagnie de Fred, mes proches et beaucoup de choses terrestres me manquent (sauf le lycée!). C’est l’apprentissage du large. Je sors de ma zone de confort !
Franck Proffit m’avait dit que je reviendrai différent. Je commence à en prendre conscience.
Quelle aventure !
Martin

 

Et bam ! Terminé le forfait Fleet enfant.

Nous voici passées en mode forfait maxi monster ! et nous allons enfin pouvoir raconter ce qui se passe à bord de 4myplanet.

Bienvenu à bord. :-)

J'ai envie pour démarrer de revenir sur ce début de course car vous allez voir nous n'avons pas fait que boire du thé. Hâte de voir les résultats du e-patch, boitier collé à ma peau qui prend ma fréquence cardiaque en continue. Ça a du chauffer !

Top départ, on part devant Charal et Hugo Boss (ça tombe bien il me fallait une jolie photo à offrir à mes parents à Noël, ça c’est fait). Le louvoyage pour passer la marque d’Étretat, assez fastidieux (avec Joan on avait tout juste terminé notre apprentissage de "comment virer de bord toutes les 5 minutes avec 3 étais".

La manche, une navigation sous gennaker que nous a prêté Malizia du coup nous surnommons ce dernier Boris. Ah, ça commence à être fun. Le golfe de Gascogne beaucoup moins fun avec un bateau au près qui tape dans les vagues. Il nous fallait en passer par là pour gagner suffisamment dans l'ouest et ne pas tomber en panne de vent.

Et là nous recevons un email des scientifiques observateurs des océans nous demandant de déployer le profiler Argo embarqué à bord de 4pmyplanet, pour contribuer à la recherche sur les océans. "Bien reçu ground control, les conditions ne sont pas idéales pour sortir cette perche de deux mètres et de plus de 30kg, nous allons faire notre 

possible... Mission accomplie." Hourra ! Notre profiler flotte aux alentours du 46N34°305  009W40°201 et il va maintenant dériver pendant 3 ans et plonger à 2000 mètres de fond tous les trois jours, remonter à la surface et renvoyer aux satellites des données de salinité et température. Bref nous sommes fières de cette action bien menée avec Joan.

Quelques heures plus tard La Corogne, un croisement nocturne à 0,7 mille nautique de Pip Hare, ça c'est vraiment cool car nous n'avons plus d'internet et plus de moyen de connaitre la position des concurrents. Et à l'heure où je vous écris nous sommes au large de Cascais, chouette des noms sur la carte me rappelant la maison, même si nous allons nous en éloigner très rapidement, nous faisons route sud ! :-)

Avec Joan nous avons trouvé notre rythme et un mode fonctionnement. On se marre bien, on dort et on mange pas mal du tout. ;-) Coté course nous sommes dans le match et déroulons notre feuille de match comme prévu pour l'instant. Notre girouette ne nous donne plus d'indication de vent. On s'en fiche nous ce qui nous intéresse c'est la vitesse ???!!! (Euh à mon arrivée rappelez-moi de tourner un tutoriel sur "comment traverser « l'Atlantique avec un pilote automatique en mode compas" ... hihihi)



 


Bulle anticyclonique sur la route des Canaries...Steak haché et purée appertisés pour le moral. 

 

Grande nouvelle aujourd’hui !!
Je viens de quitter les sous-vêtements polaires pour passer un T-shirt tout propre !!!  Ça sent le sud !! On est à la latitude de Lisbonne c'est top !! Christophe a pris une petite douche qui fait du bien Comme dit le dicton : "Mouiller c'est lavé, sec c'est propre » !


 

La navigation en double, si elle peut faciliter les manœuvres et permettre de pousser à fond les bateaux, n’est pas si simple qu’elle n’y paraît. L’environnement rugueux, l’espace confiné et minimaliste, tous les facteurs sont finalement réunis pour que la tension plane à bord des bateaux entre les binômes. Tranches de vie à bord et mots confiés en vacation…

Départ musclé et humide, quatre jours de près sur une piste bosselée, mauvais choix de route, perte de voiles et avaries en tous genre, manque de sommeil, le début de course de la 14e Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre a tout pour créer une ambiance morose au sein des équipages. Vue de la terre, on se dit qu’il y a de quoi être grognon, voire se faire la gueule. « Il faut soit se débrouiller tout seul soit supporter H24 son co-équipier, ses odeurs et ses humeurs. Franchement, il y a de quoi se poser la question « Qu’est-ce qu’on fait là ? ». Mais en fait en mer, on trouve quelque chose de difficile à percevoir à terre. C'est un peu comme un retour aux sources, un rapport originel avec la vie, on peut même en course prendre le temps de se poser. » nous écrivait ce matin la sage Morgane Ursault-Poupon sur son Class40 Up Sailing, Unis pour la planète. En mer, il y aurait donc une autre façon de voir la vie et de considérer l’autre.

 

Nous ne sommes pas super contents de notre placement et de notre vitesse, mais la course est loin d’être finie. La course-poursuite commence, on ne lâche rien. La vie à bord est calée... C’est le cas de le dire, car à la gite à 20° environ, le marin au repos dort sur son gros coussin, calé contre le bloc moteur. Tout est un peu compliqué à bord, il faut se tenir pour écrire, pour manger, faire sa toilette et pour se déplacer. Néanmoins, ça pourrait être pire et nous sommes contents d’être en mer, direction le sud !


 

Ça penche toujours !
On a assuré cette nuit en passant sous trinquette quand le vent est monté à 22 nœuds. Ça a ensuite mollit puis le vent est finalement monté à 25 nœuds pendant quelques heures. On attend la rotation du vent qui va nous permettre de faire cap sur Madère ! Tout va bien à bord, on est mieux là qu'à l'usine !! :) Juste une petite entrée d'eau au nivea
u d'un passage de fil de panneau solaire au niveau de la descente. Résultat, une petite goutte de temps en temps mais rien de grave ! Pas de risque électrique non plus !


 

Bonjour à tous ! Tout va bien à bord d'Eärendil. Nous sommes toujours au près à 350 milles à l'ouest de Porto dans un vent de 20 nœuds en route plein sud. La nuit a été agitée car comme attendu, nous nous sommes pris des vents de 27 à 33 nœuds quasiment toute la nuit dans le sillage latéral de la grosse dépression qui doit certainement avoir un pti nom maintenant. Le problème, c'est que cela nous est tombé dessus en l'espace de quelques minutes. Nous faisions route benoitement dans 19 nœuds de vent sous GV 1ris et solent. Et là boum 30 nœuds. Il était 1 h du mat et on était en train de se faire un lyophal. Il a fallu tout lâcher pour aller manœuvrer. Il a donc fallu descendre le solent en restant haut dans une accalmie à 25 nœuds et prendre 1 deuxième ris dans la GV. C'est vite dit comme ça mais c'est du boulot surtout pour que les voiles ne trinquent pas dans la récupération. On n'était pas les seuls à faire le truc en urgence, car nous avons depuis hier après-midi Banque du Léman à l’AIS. Dans la manœuvre, on s'est croisé et recroisé en vérifiant qu'on n'allait pas se rentrer dedans car ils étaient vraiment très proches. Et on a terminé ensuite le repas froid !  La mer s'est aussitôt creusée et on a joué aux chevaux de bois dans une grosse mer croisée tout le reste de la nuit. Le vent s'est un peu calmé au lever du jour mais encore avec des rafales à 28 nœuds sous les nuages. Je ne sais pas s'il faut regretter de ne pas avoir été au portant : cela aurait vraiment été rapide mais dans cette mer il y aurait eu de quoi bien enfourner et casser. On a retiré le 2ème ris dans la GV il y a une heure et le ciel s'est bien éclairci. On a toujours Banque du Léman à l'AIS. Je pense qu'on va faire un bon bout de route ensemble. C'est sympa !
A part cela pas d'avarie ou d'autres trucs scabreux à faire. Il est très difficile de bouger dans le bateau en sécurité dans cette mer. Aussi, en dehors des manœuvres, on fait des routages, on étudie la météo, mais surtout on se repose, on dort, on médite, on imagine des trucs. La station la plus confort dans ces conditions est de rester allongé, même si le bateau tape bien dans les vagues. Il faudrait inventer un casque amortisseur de choc et vibrations pour dormir tranquille. Ce serait parfait !
Ce matin, on se sent confiant sur notre option ouest. On n'est pas trop mal placé en longitude à notre avis. Bien sûr, on aurait aimé être à la latitude d'Aymeric ou de Ian. Mais bon, c'est comme ça pour l'instant.
Voilà, that's allFolks
A demain


 




 

A approximativement 3h40 UTC ce matin 1er novembre, nous étions sous GV 1 ris et solent dans 18-23kts de vent, CAP FOND 180, à 60 degrés du vent quand le bateau a tapé dans une vague, pas plus fort que normalement. Estelle et moi étions devant la table à carte à discuter de la météo et de la stratégie. Nous avons entendu un gros bruit, puis tout de suite après le mât qui est tombé en arrière emportant avec lui la GV et le solent. Il est assez vite devenu apparent qu’aux vues des conditions de mer, essayer de récupérer le mât mettait l'intégrité de la coque en danger. Nous avons décidé de le libérer en récupérant le plus rapidement possible la bôme afin de pouvoir faire un gréement de fortune.

Nous avons fait un tour du bateau, intérieur et extérieur pour vérifier que nous n'étions plus en danger, avons rangé ce qui se trouvait autour de nous afin d'y voir plus clair.

Le gréement de fortune est en place après s’y être repris à 3 fois grâce à une idée ingénieuse d’Estelle. Nous faisons en ce moment route vers Cascais sous tourmentin seul à 4-5kts. Nous sommes très déçus mais on garde le moral.
Merci à tous de votre soutien.

 





Bonjour ! Après le laborieux contournement de la dorsale anticyclonique au sud-ouest du Portugal, nous voici lancés sur le début des Alizés au large du Maroc. Le bateau est à plat et file à vive allure sous gennaker. Mais la grande nouveauté c’est que l’on voit enfin le ciel avec le soleil qui commence à nous faire don de sa présence. Une belle récompense après toutes ces journées dans la grisaille. Il fait doux et sec. La transition climatique a été assez brutale. Les cirés sont remisés au fond de la cabine et nous pouvons profiter de la vie dehors, à l’abri de la casquette car ça reste très engagé.

 




 

Bonjour,

On a eu un appel VHF du 101, nos copains Charles et Estelle. Ils nous ont appris leur démâtage.
Nous les avons croisés sur l'eau. Ils vont bien et font route vers le Portugal.
C'est un coup dur après nos super potes Tanguy et Luke,
et maintenant c'est Estelle et Charles... On a une grosse pensée pour eux...

Bon courage les copains.

JB et Alex 





Tout va bien à bord de Water Family !
Nous mangeons bien à bord, il n'y aura bientôt plus de fromage fermier, c'était notre petit bonheur du jour, mais pour vous rassurer, il nous reste toujours du saucisson ! On est vraiment agréablement surpris de la qualité de nos plats lyophilisés ou appertisés...
Mais, place à la course ! Nous avons mis du temps à ajuster notre trajectoire pour descendre vers le sud. Et oui après avoir loupé le créneau avec les premiers il était mieux de patienter. Ce n'est pas évident stratégiquement d'anticiper notre atterrissage dans plusieurs jours. On a fait le choix de notre trajectoire pour arriver à l'ouest de Madère. C'est sympa de ne pas être tout seul, il y a d'autres bateaux pas très loin avec des trajectoires similaires. J'ai hâte que le vent tourne pour ceux de l'ouest pour voir les vitesses qu'ils vont atteindre !
Sinon niveau vie à bord, on s'éclate toujours autant et on découvre chaque jour le bateau,  on essaye plein de réglages. Souvent ils ne sont pas bons mais de temps en temps on trouve quelque chose qui fera avancer un peu plus vite Water Family.
GRAND MOMENT, on a enfin pu prendre une douche et c'était très agréable ! Prendre une douche, on s'entend… C’est un grand seau d'eau froide sur la tête, se laver avec un savon naturel eau de mer puis hop un deuxième seau d'eau sur la être pour rincer tout ça !
José, notre Bébé arbre va bien ! Il a passé la journée dehors, c'est tout de même super agréable de l'avoir avec nous à bord. Ce n'est pas tous les jours un peu de verdure sur un bateau de course !

 




Rodéo ! Un petit message tonique cette nuit !
Écrire à la table à carte n'est pas simple cette nuit ! Il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour taper correctement car  Edenred tape fort dans cette mer courte et casse bateau. Malgré tout il faut attaquer car nos petits copains de jeux vont vite ! En tout cas nous sommes contents des modifications qui ont fait passer Edenred en version 2.0.
Même dans ces conditions le p'tit dort… C'est beau d'être jeune ! La nuit est bien noire, on n’y voit rien, espérons que les conditions seront meilleures avec un peu de visibilité quand on sera sous spi, sinon ça risque d’être rock n’roll !! Ça va être l'heure d'un petit café et... d'un changement de quart !!




300% of black
Eh bé non ! On n'a pas viré de bord ce matin, ni depuis 24h d'ailleurs. De là à dire que ça va tout droit, il y a encore de la marge. La nuit a été bien noire (et le jour pas beaucoup mieux....). Seuls les écrans rouges de la centrale électronique, qui voient défiler des tas de chiffres bizarres, nous remettent un peu de chaleur dans cet univers de noirceur.  Il y a aussi les millions d'étincelles de planctons qui illuminent le passage de la coque dans l'eau noire. Pour accompagner cette sombre histoire, il reste le bruit assourdissant et incessant du passage en force de notre fière embarcation à travers les vagues, pas impressionnées du tout. Ainsi que le grincement insupportable de la charnière de l'hydro-générateur. Mais le génie humain ayant inventé le WD40, le fichu grincement a enfin disparu et nous  fait douter maintenant que l'hydro (son petit nom) soit toujours accroché au tableau arrière...
Et comme un miracle ne vient jamais seul, figurez-vous que le ciel est réapparu, avec toutes ses étoiles (j'ai recompté) mais sans la lune.
Mais ça n'a pas duré.
A demain




Tu es sûr que l'on n’est pas à Terre Neuve ?
Ce matin du 5ème jour, c'était ambiance 400% d'humidité avec une mer plutôt correcte. Mais après notre dernier virement de bord direction le sud, c'était belle et bien une mer de face qui nous attendait. Ça ne donnait pas plus envie que ça.  Et effectivement au bout de quelques heures après le virement de bord, nous constations que ce n'était plus possible de dormir correctement dans la bannette.  La mer du vent est courte avec une bonne houle générale et une grosse période. Le vent est monté en début de nuit autour des 25/30 nd moyen, on vit à 25 degrés de gite en permanence. Si tu rates la main courante à l'intérieur quand tu te déplaces c'est GAMEOVER tu t'exploses 5m plus bas ! :-(
On commence effectivement à rêver à de belles glissades en short autour des poissons volants. Mais pour ça il va falloir attendre encore au moins 48h. Sur les deux prochains jours ça risque fort d'être du travail de porcinet comme on dit dans le jargon... Vent de travers avec de la mer, il va y avoir de l'eau sur pont !
L'ambiance est bonne à bord, même si on ne cesse de regarder le classement et surtout là ou on aurait dû être si.... Bref ça ne va pas nous faire avancer plus vite et je n’aime pas bien regarder derrière moi sauf si n'est pour apprendre. Là, ce qui est à regarder est bien devant nous. Et je vous garantis que l'on cravache le dragon pour obtenir son MAX. Au près (vent de face), notre seul solution est le placement par rapport à la porte des alizés (vent portant), réponse dans 48h.
Avec Guillaume, on ne se croise pas beaucoup à part entre chaque prise de quart mais on arrive à se faire le dîner en commun et parfois en terrasse quand le temps le permet. On a même ouvert une petite bouteille de coca pour deux pour l'apéro ;-)
A très vite sur la route bosselée du café à bord de V and B - Mayenne par 40°21.345N 16°11.488W


 

Bonjour !
Nous longeons les côtes portugaises. Le fond de l'air commence à peine à se réchauffer, on porte encore bonnets et cirés. Ici c'est ambiance : "vivez penchés, vivez secoués" et grâce à notre nouvelle casquette on évite de peu le "vivez trempés..." Faire du près ne me dérange pas tant que ça. Ce qui est difficile à supporter c'est lorsque le bateau tape violemment contre les vagues, là c'est mon épine dorsale qui est directement touchée, j'aime pas ça et en ce moment ça n'arrête pas !
Parfois on peut se demander pourquoi on aime tant être en mer, tant les bons moments sont rares. Il faut avouer, surtout sur les bateaux de  course, que la vie est tout sauf confortable: on dort mal , on ne se lave pas, on mange des choses bizarres, il faut soit se débrouiller tout seul soit supporter H24 ses co-équipiers, leurs odeurs et leurs humeurs; franchement il y a de quoi se poser des questions...
Mais en fait, en  mer, on trouve quelque chose de difficile à percevoir à terre. C'est un peu comme un retour aux sources, un rapport originel avec la vie, on peut ( oui même en course) prendre le temps de se poser, de penser, divaguer, regarder les étoiles, la mer et le soleil, quand il pointe le bout de son nez. Choses que je n'arrive plus à faire à terre tant notre rythme est effreiné!
Voilà tout ça pour vous dire que je suis heureuse en mer :)
A demain!
P.S : photo ds le FTP



 

Fallait hélas s'y attendre, le vérin de quille a lâché sa deuxième marée d'huile... Il n'y a pas de raison que les problèmes se résolvent tous seuls et le coup de resserrage de boulon n'était pas la solution au problème… Bref, opération ajustement des niveaux et récupération du liquide dans les fonds pour recyclage ! Mais voilà je n'ai récupéré qu'un tier du bidon et donc il y a fuite ailleurs et il n'y a pas de station dans le secteur pour faire le plein.

Ça ne va pas nous arrêter pour autant ou au moins pas pour l'instant tant que la pression reste suffisante pour bloquer la quille dans une position. En position fixe il ne semble pas y avoir de fuite donc on va limiter au maximum les bascules et quand on sera à sec on mettra la quille verticale pour finir en espérant que ce soit le plus tard possible.

Ce n'est pas sans conséquence sur la performance. Déjà qu'il fallait nous mettre en 4 pour ne pas nous faire lâcher par les copains, ça ne va pas aider. Heureusement pour les jours qui viennent, la brise sera faible et donc notre manque de puissance sera moins pénalisant.

Ce genre de souci reste dans un coin de la tête et les mines sont un peu sombres, mais on arrive à vite oublier quand on se prend la tête avec la météo.

On la savait pas simple mais ça se confirme. Un petit anticyclone se créé du côté du cap Saint Vincent avec du vent pour passer devant le détroit de Gibraltar mais ensuite une bulle  bloque la descente plus à l'ouest. Il semble que cette bulle sans vent retrouve des couleurs dans 48h et donc peut-être un passage pour nous ? Donc 2 options : à l'Est en longent les côtes africaines ou tout droit au sud mais avec peut-être un stop… Et en attendant faut-il s'écarter un peu des côtes portugaises car il y a vraiment très peu de vent (là 6 noeuds) comme certains IMOCA ou rester sur la trajectoire la plus courte...

Bref c'est très cérébral depuis 24 heures entre les soucis en cours et les potentiels à venir. Ça nous fait avec Tolga quelques sujets de réflexion intenses sachant qu'après 3 jours on est un peu glauques avec le manque de sommeil et pas sûr qu'on fasse les meilleurs choix… mais en tout cas on les fait ensemble. 

Côté palmes du jour, on a fait un joli virement de bord en oubliant de vider les ballasts (typique de la manœuvre de nuit quand en fin de quart l'un est fatigué et l'autre pas bien réveillé) et pourtant il y a une belle Check List affichée sur la porte qui commence avec... vider ballast ! On a fini par les vider avec la pompe d'assèchement que l'on voulait tester en conditions réelles, c'est fait !

Et on s'est pris quelque chose (un OFNI) dans la dérive bâbord qui nous a fait perdre de la vitesse mais sans dégât et on a pu la relever pour la dégager.

Le plus triste a été de pêcher un sac plastique avec l'hydro-générateur bâbord, tout un symbole : un sac plastique qui bloque de la création d’énergie non polluante !!

Bon, voilà pour aujourd’hui sans oublier le Kinder Buenos que m'a offert Tolga en voyant ma tête de vérin. Ça vaut pas un Caprice des dieux mais quand même.

Carnet un peu maussade mais soyez sûr qu'on ne lâche rien et surtout pas un mille aux concurrents !

Amitiés
Erik 

 

CLASSEMENT  CLASS40  du  1 novembre à 16H00







CLASSEMENT  IMOCA  du  1 novembre à 16H00






CLASSEMENT  MULTI50  du  1 novembre à 16H00


Michel Lecomte

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