Stop à l'isolement : journal de bord d’une ''Ehpadienne'' - Episode 5 #ehpad #soignants #aidants
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Article N°24686

Stop à l'isolement : journal de bord d’une ''Ehpadienne'' - Episode 5 #ehpad #soignants #aidants

Bonjour les amis,
Comme promis voici l’épisode 5 du journal de bord d’une Ehpadienne : « Le déconfinement »
Marylène Holl-Friz vit en Ehpad. Elle est écrivain. Elle a 99 ans et a écrit et décrit sa vie quotidienne le temps du confinement. Nous suivons son récit chaque semaine.
A lire et à relire.
MERCI Mme Holl-Friz.
Ensemble !

 

Journal de bord d’une Ehpadienne 5 : « Le déconfinement »

Lundi 18 mai 2020.

 
Je n’y croyais pas trop, mais le jour arriva où le troisième étage (le mien) se déplaça à la salle à manger à midi. Chaque résident est accompagné d’une aide-soignante. Une personne dans l’ascenseur note à l’entrée.

Obligatoires : les masques bleus, mains lavées au savon, rollators ou fauteuils roulants.

A l’entrée du restaurant, au rez-de-chaussée, arrêt à la bonbonne de gel hydroalcoolique ; prise par l’infirmière de la température frontale : 35°6 pour moi.

Quatre tables en enfilade de la longueur de la salle, sans nappes (en général distinction particulière du style noble de Caroline), les fauteuils en quinconces ainsi que les couverts, ce qu’on appelle les barrières sanitaires. Une quinzaine de résidents choisiront leur place.

Près du bar un attroupement de serveuses masquées qui nous accueillent, souriantes en tenue d’hôtesses. Je choisis une place non loin d’une fenêtre. Le jardin est en pleine éclosion, c’est rassurant.

Mes voisins s’installent armés de masques qu’ils se dépêchent d’enlever. Personne ne salue personne. C’est pour moi une sensation étrange. On ne sait quoi nous gêne. C’est comme une communauté fragmentée par un élément perturbateur qui n’est autre que le covid 19. La distanciation ouvre-t-elle la porte à la dissociation ?

Je ne vois ni visage ami, ni famille. Le téléphone sonne beaucoup ; mes enfants pleins d’inquiétude doivent se contenter de moyens à ma portée. Des lettres comme jamais me démontrent leur amour, leur attachement viscéral auxquels je réponds, envahie par ce même phénomène de manque, mais également de tendresse, jamais exprimée. Un vrai bonheur !

Mes amies et mon ami centenaire sont présents de tout leur coeur. Au Foyer les différents services sont des plus agréables, même si l’on conçoit que les soignants sont à la limite des interventions multiples.


 

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