Décès de Michou
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Article N°23668

Décès de Michou

Le ciel de Montmartre, désormais, sera un peu moins bleu. Michou, cette légende de la nuit parisienne qui, 63 ans durant, attira dans son cabaret les Français autant que les touristes étrangers, les habitants de la capitale autant que les provinciaux, les célébrités autant que les anonymes, s’est éteint aujourd’hui. Montmartre, Paris, la France perdent une figure flamboyante et attachante. 

Le destin de Michel Catty se noue en 1949 lorsque cet Amiénois élevé par sa grand-mère décide de monter à Paris à l’assaut de la vie. Recalé au certificat d’études, l’enfant de Picardie s’installe alors face au Moulin-Rouge, sur la colline de Paris. Plongeur, serveur, carreleur, vendeur de journaux à la criée : il s’essaie à tous les métiers avec enthousiasme et obstination.
Tout bascule en 1956 lorsque Michou reprend le bar « Chez Madame Untel » pour en faire le « Cabaret Michou ». Mais comment se distinguer dans ce Paris de l’après-guerre animé par la confiance et l’optimisme ? Un soir de février 1960, avec trois amis, il décide de se déguiser et propose alors le premier spectacle transformiste de France.
Des milliers d’autres suivront. Très vite repérée par le célèbre journaliste Edgar Schneider, l’adresse devient incontournable. Pour siroter quelques coupes de champagne et assister aux imitations de Sylvie Vartan, Dalida, Chantal Goya ou Edith Piaf, on vient de toute la capitale, de tout le pays, bientôt du monde entier. On vient admirer la fantaisie burlesque et poétique des mises en scène, la splendeur, l’excentricité, parfois la légèreté des costumes, mais on vient aussi pour rencontrer son célèbre hôte, tout de bleu vêtu, des chaussures aux lunettes. Le noctambule ne manquait jamais d’enfiler ses habits de lumière pour accueillir ses invités et présenter son spectacle.
Soir après soir, année après année, décennie après décennie, la légende se forge. Ce petit cabaret que certains disaient infréquentable devient l’un des plus fréquentés du pays. Ces soirées si peu institutionnelles s’affirment comme une véritable institution. Si bien que, peu à peu, le nom de « Michou » finit par résonner dans le cœur de chaque Français. Qu’ils aient ou non passé quelques soirées au numéro 80 de la rue des Martyrs, tous trouvent en effet dans cette vie de liberté et de fantaisie un motif d’attachement et d’inspiration. Peut-être est-ce cette voix chaleureuse, immortalisée par sa discographie ou bien ce combat pour la tolérance qu’il mena sans relâche, lui qui revendiqua toujours son homosexualité. Ou encore cette générosité hors normes, celle de l’homme qui, chaque mois, invitait dans son cabaret les anciens de son quartier. Le Prince Bleu avait fini par faire partie de nos vies. Il était de ceux qui, résolument, font de Paris une fête.
Le Président de la République et son épouse adressent à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à tous les habitants du quartier de Montmartre et tous les habitués du cabaret de la rue des Martyrs, leurs plus sincères condoléances.

Source SERVICE DE PRESSE ET VEILLE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

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