Audiovisuel/DISCOP Abidjan 2017 :  Pleins-feux sur les séries ivoiriennes !
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Article N°18019

Audiovisuel/DISCOP Abidjan 2017 : Pleins-feux sur les séries ivoiriennes !

Le rideau est tombé sur la 3e édition du Marché africain de création et de diffusion des contenus audiovisuels (30 mai/1er juin), sur une note d’un satisfecit partagé.

Le jeudi 1er juin, dernière journée de l’acte 3 du Discop Abidjan, a été particulièrement chargée. Au programme, dès la matinée, une présentation des nouvelles productions et les palmarès des concours (nous y reviendrons) dédiés des projets « Première ligne », « African animation Betwork » et « Digital Lab », destinées aux réalisateurs émergents.
 
Au-delà, les participants au Salon ont pu visionner de nouvelles productions nées des partenariats noués à la faveur des éditions précédentes du Discop Abidjan, gage de son opportunité pour les chaînes, les fournisseurs de contenus, les réalisateurs, producteurs et acteurs. Il en est ainsi de « La reine blanche » d'Ebenezer Kepombia proposée par Chambeny Entertainment, « Aphasie : la révolte de Dantra » (Prix du jury au Fespaco 2047) de l’Ivoirien Hyacinthe Hounsou, sous le label Voodoo production, « Top radio », la nouvelle sitcom ivoirienne d'Alex Ogou coproduite par la Rti, TV5 Monde et le groupe Lagardère, « Oasis » de Côte-Ouest, ainsi que la projection exceptionnelle de « Félicité », le film du Franco-sénégalais Alain Gomis, couronné aux festivals de Berlin et de Ouagadougou, en simultané avec le cocktail de clôture du Discop offert par Canal+.
 
Auparavant, ce sont les journalistes qui ont été conviés sur le plateau de tournage de « Ma grande famille » d’Akissi Delta. La patronne de Lad Productions, entame cette nouvelle série alors que le spin-off de « Ma famille » sera bientôt diffusé sur Rti 1 puis TV5 Monde.
 
Sans compter qu’en marge du Marché, la projection de la saison 3 de « Brouteurs.com », la série ivoirienne à succès, en présence des producteurs, réalisateurs et comédiens s’est déroulée à l’Institut français au Plateau. Par ailleurs, dans le cadre de ses activités cinématographiques, Oria Pictures International qui a présenté officiellement la série « Bénédicte » (première série de comédie musicale ivoiro-indienne), fait venir à Abidjan, ce vendredi 2 juin, une des grandes figures de cette production qui n'est autre que Eléna Kazan, l'actrice et top model indienne d'origine allemande.
 
Piratage : attention danger !
 
Au niveau des débats autour du thème générique « Le développement de l’industrie audiovisuelle en Afrique subsaharienne peut-il être accéléré par le numérique ? », Damiano Malchiodi, directeur de la chaîne A+, filiale du groupe français Canal +, estime que le vivier est riche et porteur, à même de générer des retours sur investissements, si et seulement si des mesures draconiennes sont prises à l’encontre des pirates. Il s’en explique : « Le piratage en amont (avec les décodeurs pirates) comme en aval (reproduction et diffusion des œuvres sans droits), est un frein. C'est extrêmement destructeur pour le marché qui justement se construit. Il faut que les comédiens, les producteurs, les réalisateurs... aient des rémunérations. Rien qu'en Côte d'Ivoire, Canal+ estime qu'il y aurait environ un million de clients-pirates ; soit le double du nombre de ses abonnés. C'est une attaque directe aux créateurs de contenus. Ils (pirates) cassent le cercle. On essaie de construire le marché, de permettre aux producteurs d'avoir un retour sur investissement pour pouvoir réinjecter (les sommes gagnées) dans de nouvelles productions. Certains ont mis 10 ans à juste se rembourser d'une série comment voulez-vous qu'ils arrivent à réinvestir dans une autre ? ».
 
Relever les défis de l’émergence
 
Présent à cette 3e édition du Marché de création et de promotion du contenu de l’audiovisuel, le ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, porte-parole du Gouvernement, Bruno Nabagné Koné a annoncé qu’un Fonds de soutien à la production de contenus audiovisuels sera bientôt mis en place pour la promotion de l’industrie audiovisuelle en Côte d’Ivoire. Toute chose, à l’en croire, qui devrait permettre à l’industrie audiovisuelle de « relever les défis de l’émergence », et aussi afin de produire des contenus qui répondent aux attentes des populations, le Gouvernement envisage l’institution d’un cadre constitutionnel plus favorable pour la création audiovisuelle. Il a également souhaité que l’audiovisuel soit un pilier de l’émergence, incitant les acteurs de ce secteur à profiter de la plateforme que représente le Discop.
 
Sinon, comme lui, les responsables de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), TV5 Monde, Canal+, notamment, assurent que « Le public africain francophone est en attente de grandes séries d'Afrique francophone », et ce qui justifie que ces structures ambitionnent de faire émerger une industrie locale avec des investissements croissants. Toutefois et à propos, Damiano Malchiodi analyse : « Les Africains ont des histoires fortes et ils savent raconter des histoires mais après il faut les mettre en musique avec une image et un son qualité et répondre aux attentes du public (...). Apporter des histoires africaines dans les foyers africains ». « On peut créer 12, 25 chaînes... L'enjeu c'est le contenu, africain ou international (...) Il faut ce retour sur investissement pour créer une industrie africaine francophone pérenne », conclut-il.
 
Dans le même élan, Fabrice Sawegnon souligne que le marché existe mais qu’il reste beaucoup de choses à mettre en place dans les métiers et les expertises, à structurer le marché, professionnaliser toute la filière.
 
 
mi COULIBALY (Fraternité Matin)

 

Rémi COULIBALY

Lien :http://www.fratmat.info/

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