SADE comme vous ne l’avez jamais imaginé !  « Les mélancolies de Sade » Bientôt dans votre cinéma
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Article N°23615

SADE comme vous ne l’avez jamais imaginé ! « Les mélancolies de Sade » Bientôt dans votre cinéma

https://www.lesmelancoliesdesade.fr/Durant les dernières années de sa vie, le Marquis de Sade est emprisonné. Seul face à ses errances, cet homme de Lettres écrit chaque jour. On découvre ainsi un être d’une complexité exquise : à travers sa douloureuse introspection se dessine un homme amoureux, visionnaire mais aussi un être fragile et terriblement humain…
Ce récit va à l’encontre des présupposés sur Sade.

Entretien avec le réalisateur

Vingt-sept ans d’enfermement, il y a de quoi être mélancolique.
C’est un titre littéraire, en hommage à cet immense écrivain et qui renverse les présupposés que l’on peut avoir sur Sade d’un être cruel et dominant.
Sade cultive ses mélancolies, par son imaginaire foisonnant, ses amours vagabonds et surtout par sa condition de prisonnier qui lui fait perdre goût à la vie.
Les états mélancoliques de Sade sont ambivalents, ils vont de l’exaltation et de la colère, à des états morbides. C’est pour ça que je parlerai « des » mélancolies, les états mélancoliques étant multiples !

Le théâtre semble avoir joué un rôle important dans la vie du Marquis.

Comme beaucoup d’hommes de lettres du XVIIIième siècle, Sade rêvait que ses pièces soient jouées sur les scènes des théâtres parisiens, c’était la meilleure façon pour lui d’être reconnu.
Il a eu pendant deux ans une petite troupe de théâtre qu’il faisait jouer dans ses demeures de Mazan et de Lacoste, il y produisait ses pièces mais aussi celles de Destouches ou de Voltaire. Plus tard à l’asile d’aliénés de Charenton, avec la complicité du directeur, il fera jouer les pièces de théâtre par les malades de l’asile. C’est une des toutes premières expériences de thérapie par le théâtre.
Alors oui, Sade avait un amour profond pour le théâtre, passion qui ne l’a jamais quitté.
Le film n’échappe pas au théâtre, une unité de lieu, une utilisation de l’espace, des personnages qui nous invitent au théâtre, pendant que Sade nous convie à la mise en scène de sa mort.

Le film est en noir et blanc, il y a un seul plan en couleur du cosmos, pourquoi ?

La beauté du ciel, de l’espace, et du cosmos provoquent l’émerveillement du geôlier. Qu’est-ce qui se cache derrière cette beauté ? Dans cette cosmogonie, l’homme est le reflet de cet univers. Au-delà de l’émerveillement, si on s’y intéresse de plus près, au-delà des apparences, le cosmos n’est que destructions, implosions, trous noirs, attirances, répulsions, espace inhospitalier à -270°. Et c’est la science qui nous l’apprend.
Quelques instants plus tard Sade se chargera de rappeler cela au geôlier.
La réalité du cosmos et de la nature humaine ne forment pas la cosmogonie que l’on croit. On est alors au coeur de la pensée de Sade, pour qui l’homme est mauvais. A partir du moment où on admet ce socle pessimiste sur la nature humaine, on va aborder l’oeuvre de Sade sous l’angle de la mise à nue des dérives de l’homme.

Décririez-vous votre oeuvre comme un film poétique ?
Les poètes ont toujours été proches de Sade, ils sont les premiers à l’avoir reconnu, Apollinaire, Baudelaire, Char, Lautréamont, les surréalistes …mais aussi quelques autres rêveurs comme Kafka, Nietzsche, ou Poe
Il y a une vraie matière poétique à filmer chez Sade, que l’on retrouve aussi dans l’imaginaire de tous ces rêveurs.
Mon film a une dimension poétique parce qu’il prend une liberté de narration, avec ses sources imprévisibles, avec un rythme lent. Il s’inscrit ainsi dans la modernité de Sade.

La bande sonore est très présente dans le film, pouvez vous nous en parler ? Comment est-elle construite ?

Le son est construit sur trois niveaux, il fallait que ces trois niveaux cohabitent. Le premier niveau est constitué par les dialogues, une grande partie provenant des correspondances de Sade, il fallait mettre en bouche la langue gourmande de Sade, à bien la faire entendre, à bien l’articuler, quitte à dilater les mots et les phrases; d’où le choix des comédiens, ayant tous une grande expérience théâtrale.
Le deuxième niveau, correspond aux sons introspectifs : les voix intérieures, les respirations et bruits de bouche, que l’on enlève d’habitude au cinéma et que j’ai amplifiés.
Enfin, le troisième niveau est constitué de la musique et des sons de la nature. La musique de Caplet présente Sade comme une menace pour nous spectateur, mais aussi pour les personnages qui l’entourent.
Sade n’aimait ni la musique, ni la nature, et dans le film, ces sons agressent Sade, qui est cerné par la musique et la nature. Ce troisième niveau représente tous les présupposés hostiles que l’on peut avoir sur Sade.

SITE DU FILM : https://www.lesmelancoliesdesade.fr/
 



DISTRIBUTION

Didier Sauvegrain - Marquis de Sade
Catherine Gandois - Rénée Pélagie
Sarah Jane Sauvegrain - Juliette
Vincent Debost - le Géôlier
Marilyne Fontaine - Anne-Prospere de Launay
Vincent Siano - Rousseau
Melina Zaubert - Laure de Sade
Marcus Borja - Pétrarque





Image : Brigitte Barbier
Son : Adrien Lacroix
Costumes : Claire Risterucci
Maquillage/Coiffure : Anaïs Apperce
Montage : Fréderic Bonnet et Guy Marignane
Production : Collection Opus
Producteur associé : Frédéric Bonnet

AUTEUR REALISATEUR

Réalisations :

Prochainement ‘‘Maria Gentile’’ ‘‘Les
mélancolies de Sade’’ ‘‘Woyzeck’’ avec M.
Lonsdale (Festival San Sebastian)

Productions :

‘‘Ainsi soit-il’’ G.Blain ‘‘ Vanaspratham’’S.
Karun ‘‘Gadjo Dilo’’ T.Gatlif ‘‘Los Angeles
without a map’’ M.Kaurismaki...
Distributions : ‘‘Khandhar’’,‘‘Kharij’’ et ‘‘Les
Marginaux’’ de M.Sen ‘‘Mon XXème siècle’’
I.Enyedi (caméra d’or 1989)...
 













 

source : Antonia Verine - AVISION

Lien :https://www.lesmelancoliesdesade.fr/

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