Cette crise inédite depuis l'Après-guerre nécessite la mise en place du Revenu de Base @GeorgesMeric @SebVincini #revenudebase
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Article N°23953

Cette crise inédite depuis l'Après-guerre nécessite la mise en place du Revenu de Base @GeorgesMeric @SebVincini #revenudebase

Nous demandons de nouveau au gouvernement le feu vert pour l’expérimentation du revenu de base sur lequel notre département s’est engagé dès 2018.

Nous traversons une crise sanitaire sans précédent qui met à l’arrêt notre pays et nos territoires. Elle entraîne une crise économique et sociale d’une ampleur inédite qui s’ajoute aux situations tragiques vécues par les milliers de familles endeuillées par la mort d’un parent, d’un proche, d’un être aimé. Nous, élus locaux, sommes dans l’action au quotidien pour répondre aux urgences du présent mais aussi pour préparer et accompagner une sortie de crise qui s’annonce d’une extrême dureté, inédite depuis l’Après-guerre. 

Dès le début du confinement, le Conseil départemental de la Haute-Garonne a mis en place une série de mesures exceptionnelles pour soutenir le secteur social et médico-social, le bâtiment et les travaux publics, le transport scolaire et l’hôtellerie, les personnes et les familles en situation de grande précarité. Et d’ores et déjà, nous préparons un plan de relance de sortie de crise sans précédent pour soutenir l’économie et l’emploi sur nos bassins de vie. 


Face à cette crise, face aux drames économiques et sociaux qui émergent, il nous incombe sur nos territoires, en proximité, de déployer les outils de solidarités que les citoyens attendent pour qu’ils ne basculent pas dans la précarité. Nos multiples aides d’urgence envers les plus fragiles, les plus précaires, sont une réponse aujourd’hui nécessaire, indispensable mais provisoire. Pour demain, nos concitoyens exigent des services publics solides et une protection sociale renforcée. Le rejet par une large majorité de Français du projet de réforme des retraites illustre cette attente. 

Nous avons le devoir de très vite penser et concrétiser la pérennisation d’un nouveau système de solidarité car les minimums sociaux actuels, tel que le RSA, ne permettent plus de lutter avec efficacité contre la précarité et la pauvreté. 


Choisir l’humain plutôt que les dividendes, voici le défi.
 

Pour réaliser cet objectif, nous demandons une nouvelle fois au Gouvernement le feu vert pour l’expérimentation du revenu de base sur lequel notre Département, avec d’autres*, s’est engagé dès 2018. Ce revenu de base non conditionné à la recherche d’un emploi salarié serait un véritable revenu de solidarité et de développement pour toute personne précaire exclue du RSA, notamment les jeunes de 18 à 26 ans, les auto-entrepreneurs, les artistes et les créatifs n’ayant pas droit au régime des intermittents du spectacle, les uber-travailleurs ou les seniors qui finissent souvent leurs parcours professionnels à temps partiel, les agriculteurs pauvres, les aidants ou les personnes confrontées à des ruptures de droits. 

Pour nous, ce revenu de base est une innovation sociale indispensable, une réponse pertinente et viable pour faire face aux drames humains qui montent. Elle s’inscrit dans le droit fil des grandes réformes ambitieuses que notre pays a su mettre en place à la Libération et qui permirent son redressement économique et une plus grande justice sociale. 

L’enjeu est non seulement de garantir à tous une protection plus efficace que celle offerte par les dispositifs actuels de lutte contre la pauvreté, mais également de redonner du sens à un projet de société basé sur la solidarité et la fraternité. 

Il ne s’agit pas d’un plan de sauvetage “helicopter money” visant à préserver l’économie financière, mais bien d’investir dans le capital humain et d’engager les mutations nécessaires vers une société solidaire et résiliente, socialement et écologiquement responsable, où personne n’est laissé de côté. 

La société d’avant cette crise n’était déjà plus celle de la stabilité et du plein emploi, depuis longtemps. Malgré cela, nous n’avions pas été entendus. 

La sortie de cette crise mondiale creusera davantage les inégalités si nous ne bouleversons pas les fondements de notre société: choisir l’humain plutôt que les dividendes, voici le défi. 

Nous devons construire un rempart humaniste, social et républicain face à l’individualisme forcené, face au consumérisme débridé, face au communautarisme exacerbé, face au néolibéralisme qui disloque la société et refuse le partage par essence, face à une mondialisation, à une globalisation qui rime avec casse sociale et désastre environnemental, où les furies du fanatisme et du fondamentalisme prospèrent. 

Le monde d’après ne peut et ne pourra pas être celui de la globalisation et du tout marché, des premiers de cordée, de la course aux dividendes, de la cupidité ou du ruissellement fantasmé. 

Le monde d’après, il nous appartient de le bâtir. Il ne peut pas être celui de la pénurie dans les hôpitaux et de la suppression des services publics, ou de cette solidarité “qui coûte un pognon de dingue” alors que “l’argent magique n’existe pas”. 

Ce monde ancien, absurde et inhumain, cette politique-là, cynique, s’est fracassée à l’épreuve de la pandémie de coronavirus qui, sur son tragique et mortifère parcours, rappelle à tous mais plus encore aux puissants que “l’homme est la mesure de toute chose”. 

Ce monde nouveau, que nous voulons et que les Français demandent, doit s’appuyer sur la solidarité. Il doit s’organiser sur l’économie sociale et le progrès partagé pour affirmer un vivre ensemble à la fois humaniste et universaliste, une société éco-responsable, participative et citoyenne pour garantir un nouveau rapport au bien commun. Ensemble, soyons libres, faisons dès maintenant le choix de vivre autrement, d’innover socialement, pour nous et pour les générations futures.  

Trop de réformes sont élaborées “hors sol” et tombent d’en haut sans avoir jamais été confrontées avec le réel. C’est notre volonté d’imaginer les nouveaux possibles et de les confronter au réel sur les territoires. C’est notre ambition.

Investir dans le capital humain plutôt que dans le capital financier.

À l’issue d’une guerre, il y a des vainqueurs et des vaincus. 

Imaginons que ce soit l’Humain qui gagne, travaillons pour cela.

Nous, nous y sommes prêts.


Par Georges Méric                                                                                    Sébastien Vincini
Président (PS) du Conseil Départemental de la Haute Garonne                        Conseiller départemental et secr&étaire national du PS
médecin                                                                                                     futur Maire de Cintegabelle (Haute-Garonne) élu en mars 2020

 


*Alpes-de-Haute-Provence, Ardèche, Ariège, Aude, Dordogne, Finistère, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Landes, Loire-Atlantique, Lot, Lot-et-Garonne, Meurthe-et-Moselle, Nièvre, Seine-Saint-Denis.


Georges Méric / Sébastien Vincini

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