Dorine Bourneton : le ciel pour danser #aviation @DorineB.Handivoltige #tvlocaler.fr #smartrezo
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| Reportage | [Sport] Aviation | Divers | Vu 3484 fois
[christian GARCIA] Vidéo N°15990

Pour clore l’année avec une fée du ciel, dessine-moi un avion.Parce que je les aime, celles qui ont du courage et qui nous montrent qu'on peut casser les codes et les barrières de préjugés parce ce que être égal entre hommes et femmes ce n'est pas une utopie....Dorine Bourneton est la seule femme paraplégique voltigeuse au monde. Une pionnière. Elle vit son rêve d'aviatrice tout en poursuivant son combat pour les handicapés.
Ses grands yeux d'une couleur d'ébène que rehausse un sourire éclatant se sont usés sur les récits de mythiques aviateurs. Saint-Exupéry et Mermoz sont ceux que Dorine Bourneton, délicate femme de 40 ans, évoque spontanément. Avec une admiration sans bornes.Elle cite aussi Les aviatrices, de Bernard Marck. « Ces femmes ont accompli des exploits avant de connaître la tragédie. À l'inverse de moi qui ai commencé par l'accident et à qui il reste à réaliser les exploits. »
« Tombée du ciel » 1991. Le tournant. Dorine Bourneton a 16 ans et habite Noirétable, près de Clermont-Ferrand. La passion de l'aviation, transmise par son père, la dévore. Elle s'inscrit à une excursion en avion pour la Côte d'Azur. Monte à l'arrière d'un Piper. Le ciel est gris. L'appareil décolle. Sombre dans les nuages. Percute les flancs du mont d'Alambre, dans le Massif central. Ses ailes arrachées par la cime des arbres, il ripe sur un rocher.
Des quatre passagers, Dorine est la seule survivante. Elle n'en garde que des bribes de souvenirs. Et des sensations. Le froid. L'angoisse. Le handicap. Car un hématome s'est formé sur sa colonne vertébrale. « Je n'en ai jamais voulu au pilote, confie-t-elle. L'erreur est humaine. J'ai eu droit à une seconde chance, je ne peux pas la gâcher. Je suis consciente de la fragilité de la vie. Désormais, tout doit avoir un sens. »
Elle poursuit sa conquête du ciel. Coûte que coûte. Avec « l'envie d'écrire, moi aussi, un paragraphe de l'histoire de l'aviation ». Elle apprend que des appareils peuvent être adaptés. Des commandes habituellement aux pieds (palonniers) sont ramenées aux mains (malonniers) grâce à un système mécanique.
Trois ans après l'accident, Dorine Bourneton part se former à Toulouse. Elle décroche son brevet de pilote privé en 1995. Puis accède au Tour aérien des jeunes pilotes, réservé aux 18-23 ans. C'est la première paraplégique à y participer. Toujours la seule aujourd'hui. Un déclic. En 1997, Dorine Bourneton fonde la commission « Pilotes handicapés » à l'Aéro-club de France. Un défi qu'elle se lance avec son binome de toujours, Guillaume Féral.
"On me disait que çà porterait préjudice à la profession"
Leur combat, éreintant, débouche en 2003 sur la signature d'un arrêté ministériel accordant aux handicapés le droit de devenir pilotes professionnels. Les missions : transport de fret, instruction, surveillance maritime ou de feux de forêts. « On me disait que ça porterait préjudice à la profession, que l'on n'avait pas besoin de nous... » Depuis, sept pilotes ont bénéficié de cette formation.
Une victoire arrachée. Un Everest. Dorine Bourneton a besoin de cultiver du temps pour soi. Elle met l'aviation entre parenthèses. Sept années défilent. 2011. L'aviatrice est approchée pour piloter au salon du Bourget, à Paris. Ce nouveau défi la galvanise. « Je sortais d'une période de trois ans d'isolement, j'avais perdu confiance en moi. »
"Je me sens comme une ballerine qui danserait sur scène"
Elle renoue avec les commandes d'un avion. Les sensations la grisent. « J'ai l'impression de faire corps avec la machine. Une immensité s'ouvre à moi. Je me sens comme une ballerine qui danserait sur scène. Comme la danse, la voltige requiert beaucoup de technique. Le ciel est ma scène. »
Un nouveau chapitre s'ouvre en 2014. Dorine Bourneton devient la première femme paraplégique voltigeuse « au monde ». Le ministre des Transports la décore de la légion d'honneur, le 12 février. Elle gagne sa vie en donnant des conférences.
« c'est l'espoir formidable de changer le regard de la société sur les handicapés. Si un avion m'a enlevé les jambes, l'aviation, elle, m'a tout donné. Au centuple. C'est parce que je ne savais pas que c'était impossible que je l'ai fait. »

Sources : presses en régions  et Dorine Bourneton

 
[christian GARCIA]

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