Lozère : une armée de mésanges contre les chenilles processionnaires

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Article N°21785

Lozère : une armée de mésanges contre les chenilles processionnaires

Lors de la Commission Permanente l'Assemblée départementale a acté sa volonté d'engager un programme de lutte contre le développement de la chenille processionnaire, pour la protection des espaces Naturels Sensibles. Au printemps 2018, plusieurs courriers et messages ont été reçus au Département pour signaler les inquiétudes de nombreux usagers sur la prolifération des chenilles processionnaires en Lozère (habitants, touristes, sportifs…). Cette prolifération nuit à l'attractivité du territoire car impacte les activités de pleine nature (escalade, Via Ferrata, randonnées) et induit des risques sanitaires pour ses habitants (enfants, animaux domestiques, personnes fragiles).

Les femelles processionnaires pondent 80 à 300 œufs sur deux aiguilles de pin (les feuillus ne sont jamais concernés). Après l’éclosion des larves, les chenilles dévorent les aiguilles de pins entraînant des défoliations plus ou moins importantes sans que ce soit létal pour les arbres. Les larves se protègent dans un nid pendant l’hiver puis redescendent en procession au printemps pour s’enterrer et se transformer en chrysalide jusqu’au stade adulte où les papillons prennent leur envol en été. Le stade où elles sont les plus gênantes, car les plus urticantes, est celui de la procession qui se   déroule généralement au printemps (mars à juin selon les conditions climatiques).
Cette espèce, malgré ses poils urticants, connaît des prédateurs naturels comme les mésanges charbonnières, bleues ou nonnettes qui mangent les chenilles lors de leur procession. Certaines espèces de chauve-souris se nourrissent aussi des papillons. L’évolution de cette espèce est cyclique et tous les 10 à 15 ans environ, il y a un pic de développement. Il semble toutefois que cette théorie évolue avec le changement climatique et que les pics se prolongent. Il n’existe aucune solution efficace pour éradiquer complètement cette espèce mais plusieurs méthodes de lutte existent pour limiter sa prolifération. Aucun moyen n’est plus efficace qu'un autre, mais ils sont complémentaires dans leur mise en œuvre car s'attaquent à différents stades du cycle de vie de cette espèce. Il est   donc important de prendre conscience que toute intervention ne contribuera qu’à réduire le phénomène. Certaines méthodes de lutte telles que la lutte chimique, l’échenillage ou la pulvérisation aérienne de bacillus thuringiensis (Btk) sont écartées pour leur mauvais impact environnemental et la lourdeur de mise en œuvre.
Plusieurs actions, déjà expérimentées dans d'autres départements, seront donc proposées pour le territoire lozérien :
• Renforcer l’information auprès des collectivités sur le cycle de vie de cette espèce et des moyens de lutte existants par l’organisation de réunions en lien avec l’ONF et le CRPF. 
• Mettre à disposition des collectivités, des nichoirs à mésanges ou à chauves-souris pour favoriser l'implantation des prédateurs de la processionnaire. Il pourrait être envisagé de faire construire ces nichoirs par des CAT de la Lozère pour en réduire le coût. 
• Mettre à disposition des collectivités des pièges à phéromones pour limiter la reproduction de cette   espèce ou des éco-pièges pour les empêcher de descendre des arbres.
Ces actions concernent essentiellement la lutte contre la prolifération de l'espèce en lien avec les collectivités. Elles pourraient être complétées avec la réalisation d'actions de sensibilisation sur la prévention sanitaire en lien avec l'ARS. Pour la Lozère, considérant qu'environ 50 communes sont concernées par la processionnaire et donc potentiellement autant de communes intéressées par  l’opération, le Département pourrait proposer 10 nichoirs et 10 pièges à phéromones au maximum par commune. Le coût estimatif pour la mise en œuvre de l’opération serait le suivant :
• 10 000 € pour 500 nichoirs ;
• 17 500 € pour 500 pièges à phéromones ou éco-pièges ;
• 2 500 € pour des plaquettes d’information, des panneaux de sensibilisation plus complet en lien avec un nichoir. La communication sera bien entendu complétée par le Magazine Couleur Lozère, le site Internet du Département et les sites Internet partenaires.

Lien :http://traditionactu.tvlocale.fr

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