Solitaire URGO Le Figaro Etape3  J1 - L’air de rien @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale
| Michel Lecomte - Journaliste | Voile | URGO-LE FIGARO 2018  Vu 113789 fois
Article N°21225

Solitaire URGO Le Figaro Etape3 J1 - L’air de rien @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale

Alors que le phare de Villano est déjà dans les tableaux arrière, les trente-six solitaires ont joué au yoyo toute la nuit dans une brise qui a toujours eu du mal à s’établir dès la sortie de la ria de Muros de Noia. Tandis que Pierre Quiroga avait mené la danse jusqu’au cap Finisterre, la nuit a quelque peu chamboulé la donne avec le retour aux avant-postes de Sébastien Simon, actuel leader au classement général.
 
« Une fois rien… C’est rien. Deux fois rien… Ce n’est pas beaucoup. Mais trois fois rien, c’est déjà quelque chose ! Maintenant si vous multipliez trois fois rien par trois fois rien… Cela fait : rien de neuf ! » narrait Raymond Devos. Ce n’est pas tout à fait le cas auprès des côtes galiciennes car si le vent a joué les filles de l’air toute la nuit ou presque, il y a eu quelques rebondissements nocturnes et surtout des retours gagnants selon les choix tactiques. En fait, savoir d’où vient la brise lorsqu’on ne voit rien ou presque n’est pas une sinécure : il faut s’appuyer sur son expérience pour décider quand et où il faut s’écarter des rives.
 
Dans un premier temps, le jeune Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS) a fort bien manœuvré en se glissant le long des falaises galiciennes, à peine la ria de Muros de Noia avalée : il n’y avait alors que rien dans l’air et il fallut patienter une bonne heure avant que les étraves ne s’ébrouent. À ce stade, Gildas Mahé (Breizh Cola) menait au centre du plan d’eau quand Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Xavier Macaire (Groupe SNEF) ou Alexis Loison (Custo Pol) étaient franchement empétolés un peu plus au large.




De légers décalages

Alors pour se sortir de cette nasse sans vent ou presque, pas d’autres solutions que de choisir son camp : soit raser les reliefs abrupts comme Pierre Quiroga qui semblait trouver une similitude avec les côtes méditerranéennes, soit prendre le large (enfin à quelques milles seulement) comme Éric Péron (Finistère Mer Vent), histoire de toucher un brin de nouveau vent. De fait, ce n’est que vers 2h30 que les premiers ont pu franchir la latitude du cap Villano, devenue la référence pour le passage Radio France et trois heures plus tard, la flotte très ramassée, continuait à tirer des bords pour gagner vers le Nord-Est, vers l’entrée de La Corogne.

Au gré des baies et des criques qui ouvrent quelques opportunités, il n’y avait de fait qu’un mince écart entre le leader et le 23ème, Pierre Leboucher (Guyot Environnement) qui avait pourtant animé le début de course. Mais le danger pouvait fort bien venir du large où Éric Péron suivi par Xavier Macaire, tentait de s’extirper du peloton avant le lever du jour, programmé vers 7h00… Il sera alors plus aisé de se repérer dans cette molle brise où rien, si ce n’est les instruments de bord, ne permet de se projeter à plus long terme. De fait, les écarts sont tellement minimes en cette première nuit que la suite annonce plus de dispersion.


Classement de 6h15
1) Vincent Biarnes (Baie de St Brieuc) à  367mn
2) Eric Péron (Finistère Mer Vent) à 0,1mn du leader
3) Lois Berrehar (Bretagne CMB Espoir)  à 0,6mn
4) Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) à 0,7mn
5) Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance)  à 0,8mn
6) Corentin Douguet (NF Habitat) à 0,8mn
7)Alan Roberts (Seacat Services) à 0,8mn
8) Gildas Mahé (Breizh Cola) à 0,8mn
9) Damien Cloarec (SafeRail) à 0,8mn
10) Alexis Loison (Custo Pol) à 1mn..
12) Calliste Antoine (Immonew) à 1,4mn 



Les Figaros au passage du Cap Finisterre lors de la 3eme etape de la Solitaire URGO Le Figaro 2018 entre Portosin (Esp) et Saint


© Alexis Courcoux

 

Ils ont dit
Vincent Biarnès - Baie de Saint-Brieuc







« Ça va être dur de résumer cette nuit car il s’est passé tellement de choses… En gros, on a bénéficié du thermique de nuit et il a fallu raser chaque pointe pour avoir du vent de terre avec des effets de site, avec tout ce qu’il faut, de la pétole, des bateaux qui s’arrêtaient, qui repartaient… C’est faible, on a 7-8 nœuds et il faut tirer des bords. Il faudra se méfier de la baie de La Corogne, on a encore pas mal de virements à faire et il faut attendre encore au moins 70-80 milles avant d’être tranquille sur un bord je pense. C’était sollicitant ! Les nuits sont longues, il est 5h15 là et on ne voit toujours pas le jour mais ça ne devrait plus tarder maintenant. C’est vrai que j’ai hâte de voir quelque chose, ça nous permettra aussi de voir les risées sur le plan d’eau parce que là, on y va à tâtons, un peu dans l’inconnu. » 



© Alexis Courcoux
 

Pierre Quiroga - Skipper Espoir CEM-CS








« J’ai fait une petite vidéo hier soir au coucher de soleil car ça me rappelait la Méditerranée mais j’ai vite déchanté cette nuit avec une brume où je ne voyais même pas le haut de mon mat. J’ai rarement vu ça ! Je sentais bien l’histoire comme ça. Ça me rappelait les falaises de là où je m’entraine : La Ciota, Porquerolle, … Et souvent quand c’est pétole au large, il faut aller chercher les petits « ragadons » de vent qui descendent de la vallée. Ça a plutôt bien marché. Je ne suis que sur l’ordinateur avec l’AIS, autrement c’est un peu compliqué de savoir. Depuis une heure, on est avec le même groupe de copains : Alan (Roberts) et Corentin (Douguet), et ça fait quelque temps qu’on avance tranquillement. »


 

 © Alexis Courcoux



Éric Péron - Finistère Mer Vent






« Je veux faire le tour par le large parce que la zone de transition et de molle est plus proche de la terre donc ça se passe mieux au large. J’ai ramené trois milles mais ce n’est pas facile de se repérer : le vent bouge pas mal et il y a plein de lumières dans tous les sens. Car les gars à terre avancent un petit coup mais chaque fois ils sont arrêtés donc je pense que ça se passe mieux et c’est plus régulier au large. J’aimerais bien être encore plus au large mais je minimise les risques avec les concurrents quand même : je me contente de regarder quand ça s’arrête et de repartir vers le large alors. Ce sera plus simple pour régler quand il fera jour ! »





© Alexis Courcoux
 


Michel Lecomte

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