Solidaire Finance fait le point sur la fraude fiscale en Haute-Garonne et dénonce les manques de moyens
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Article N°15792

Solidaire Finance fait le point sur la fraude fiscale en Haute-Garonne et dénonce les manques de moyens

Ce vendredi 19 février 2016 le syndicat Solidaire Finance a donné ses chiffres sur l’évasion fiscale en Haute-Garonne mais a aussi tenu à dénoncer les suppressions de poste et le double discours de l’Etat.
 

Les chiffres font peur. Pour la Haute-Garonne la fraude fiscale est de plus de 1 milliard d’euro. La TVA, l’immobilier ou encore le bâtiment font partis des secteurs de bas de classement quant au bon payement des impôts. Des chiffres qui se reflètent sur la région Midi-Pyrénées : ce serait entre 2,37 et 3,21 milliards d’euros enlevés des caisses de l’Etat. Au total sur la région LRMP la note s’élève entre 4,23 milliards d’euros et 5,75.

Devant cette réalité s’offre une seconde, la suppression de postes et la demande de l’Etat de coincer plus de fraudeurs. Cette année une brigade du contrôle fiscale a été licenciée, soit trois postes. Une décision curieuse à la vue des demandes du Ministre des Finances, M. Sapin, d’augmenter le nombre de dossier traités, réévalué à 13 par personne. Si les résultats en termes de statistiques sont au rendez-vous le syndicat dénonce un travail qui ne ramène pas d’argent dans les caisses. A défaut de s’intéresser à de grosses affaires, plus longues à résoudre, les contrôleurs fiscaux se rabattent sur des affaires plus faciles mais qui se retrouvent être à perte. Pour illustrer leurs propos, Solidaire Finance annonce le chiffre de 2,65 milliards d’euros perdus par manque de temps et de moyens des agents.
 
Un enjeu de société
Derrière leurs travails de contrôleurs fiscaux, les membres de Solidaire Finance veulent tendre vers un travail pédagogique auprès de la société. « S’intéresser à ce sujet et donner des moyens aux citoyens de comprendre ce que l’on fait donne une meilleure compréhension de l’impôt ». Dans un climat où l’opinion public est de plus en plus sensible à la fraude et à l’évasion fiscale, avec des affaires comme Luxleaks ou Cahuzac, il est urgent de trouver des moyens pour que le contrôle fiscal soit plus agressif. Comme le note Serge Colin, secrétaire national de Solidaire Finance « la peur du gendarme a disparu. Quand on en coinçait un ça dissuadait les autres ». La diminution des moyens donnés empêche souvent le contrôle d’entreprises « C’est comme si on faisait passer le message : fraudez ! ».

Pour Solidaire Finance il est urgent que l’Union Européenne se mette d’accord sur une harmonisation de la fiscalisation et que les pays, France et autres, arrêtent les suppressions de postes qui, en définitives ne font que faire perdre de l’argent aux Etats. La transparence des firmes internationales ou des pays quant aux comptes, est aussi une des choses sur lesquelles travailler. Si les pays, comme la Suisse, ont obligation de répondre, il faut souvent attendre quelque temps pour avoir la réponse à la question posée. En reprenant l’exemple de l’affaire Cahuzac, Solidaire Finance explique qu’il leur a fallu trois courriers pour que les banques suisses répondent enfin à la véritable question.
 

Marine ANDRIEU

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