Enfin un Article de @cclevenson sur Slate qui dénonce les fausses statistiques de Facebook sur les vidéos qui ont causé des centaines de licenciements de journalistes @Smartrezo #Médias @Slatefr
| Michel Lecomte - Journaliste | Réseaux Sociaux | Actualité  Vu 44717 fois
Article N°21635

Enfin un Article de @cclevenson sur Slate qui dénonce les fausses statistiques de Facebook sur les vidéos qui ont causé des centaines de licenciements de journalistes @Smartrezo #Médias @Slatefr

Beaucoup de personnes mais plus particulièrement des médias professionnels sont tombés dans un des pièges du réseau social Facebook depuis quelques années.

Nous ne cessons de dénoncer les pratiques de ce réseau social qui gonfle les nombres de vues des publications de ses membres, que ce soit des partages d'articles ou de vidéos. En effet le nombre de vues correspond principalement au nombre d'affichages sur les fils d'actualité des membres du réseau et non pas à la lecture réelle de la vidéo partagée ou de l'article. Le fait de scroller votre écran fait défiler les partages de vos "amis" et suffit à accrémenter le compteur de vues qui vous l'avez compris ne correspond pas à la réalité.

Une vraie vue correspond à l'action de cliquer sur la vidéo afin de pouvoir prendre connaissance de son contenu. Mais à partir de quel moment peut-on réellement estimer que cettte vidéo a été réellement vue ?  Chez Smartrezo nous considérons qu'il faut que l'auditeur ait regardé cette vidéo au minimum au 2/3 de sa durée.

Comme vous pouvez le vérifier Smartrezo est présent sur les réseaux sociaux et bien sur possède plusieurs pages sur Facebook. Nous ne téléchargeons jamais de vidéo sur les serveurs de ce réseau social, mais nous partageons des liens qui pointent sur nos serveurs de streaming. Ce que nous constatons c'est que les lectures en provenance de Facebook atteigne à peine 3 % des vues comptabilisées sur notre plateforme.

Pour vérifier nos propos, nous avons téléchargé quelques vidéos sur nos pages tout en partageant les mêmes liens de ces vidéos mais hébergées sur nos serveurs, afin de contrôler ce que nous vous avons décrit précédemment. Chaque vidéo téléchargée a affiché dans les heures qui ont suivi des nombres de vues relativement importants alors que les mêmes vidéos comportant la même vignette de présentation n'ont pratiquement fait aucune vue sur notre plateforme d'origine.

Il semble clair que ce réseau social gonfle les statistiques de vues afin probalement de pouvoir justifier à ses annonceurs que les vues sont très importantes, mais il est évident également que ces chiffres gonflés poussent les membres du réseau social à croire qu'ils sont très regardés et là cela devient bien mensonger. 

Le soucis de cette supercherie est que nos entreprises et commerçants, convaincus de l'intérêt d'être présents sur ce réseau social, les pousse à inviter tous les internautes à les suivre sur leur page Facebook, exposant ainsi leurs propres clients ou prospects aux publicités des annoceurs de ce réseau social. 

Pour revenir à l'article de State concernant les journalistes licenciés par certains médias, nous devons souligner que nos médias français ne sont pas en reste. En effet nos médias eux-mêmes sont tombés dans le piège de ce réseau social en invitant leurs propres auditeurs à les rejoindre sur leur page Facebook. Ces médias entre dans le jeu de l'immédiateté de l'information sur ces réseaux sociaux car ils doivent aller aussi vite que les internautes avec leurs smartphones. Mais à cause des outils de Live que Facebook a mis à la disposition de ses membres, les médias pensent que l'information doit être le plus souvent mise en direct et que les internautes sont là en attente de l'information... comme si les internautes en journée étaient tous devant leurs écrans et cela même quand ils sont au travail. La concéquence immédiate de ce type d'information est que les journalistes n'ont plus le temps de faire normalement leur métier, c'est-à-dire réfléchir, vérifier, investiguer, protéger l'image de ceux qui vont entrer dans le champ de l'objectif, et c'est ainsi que de plus en plus souvent des médias diffusent des fake news ou sont en infraction par rapport au Droit à l'Image. Mais convaincus qu'ils font un travail indispensable, ils ne prennent même pas le temps de vérifier combien de personnes suivent leurs retransmissions en direct.

Mais cela ne s'arrête pas là, être dans l'immédiateté pousse également les médias à ne plus recruter de vrais journalistes, mais plutôt à utiliser les services de Correspondants Locaux de presse qui bien sur ne sont pas salariés et ne possèdent pas de Carte de Presse. L'explication étant qu'un correspondant local de presse est payé au grand maximum 435 €/mois sans aucune charge salariale, et que de ce fait très rentable pour les médias. Pour la plupart, ces correspondants locaux ne font que récupérer les commuiqués de presse des institutionnels et des associations qui seront ensuite copier/coller sur le média recruteur.

Oui vous l'avez compris le métier de journaliste est en danger, et donc les médias, alors qu' ils sont indispensables dans une Démocratie comme la notre car troisième pilier. Les médias comme tous les communicants, doivent également se poser la bonne question, "tous les citoyens sont-ils sur Facebook ou plus largement sur les réseaux sociaux ? " .

Il est urgent que tous nous prenions conscience de ce phénomène de société qui est en route depuis que les GAFAs ont cannibalisé Internet et surtout nos usages. 

La plateforme numérique Smartrezo lance un appel à tous, médias et institutionnels compris, afin qu'ensemble nous luttions contre l'égémonie en cours menée par ces GAFAs et que nous arrivions à créer une alternative à ces réseaux sociaux qui en quelques années ont boulversé nos façons de vivre en société et surtout participent à la manipulation de l'information.

Revenons sur l'article de Slate repéré par Claire Levenson le 20 octobre 2018 qui explique bien comment Facebook a triché et triche encore aujourd'hui...

Les fausses statistiques de Facebook sur les vidéos ont causé des centaines de licenciements

Repéré par Claire Levenson — 20 octobre 2018 à 16h58 — mis à jour le 20 octobre 2018 à 16h58

Des journalistes de The Atlantic estiment que plus de 350 journalistes ont perdu leur emploi en partie en raison des statistiques données par Facebook.

Selon une plainte déposée par des annonceurs américains, Facebook a fortement exagéré ses statistiques sur le temps passé par ses utilisateurs à regarder des vidéos. Le problème avait déjà été pointé par le Wall Street Journal en 2016, qui avait trouvé que les chiffres étaient gonflés de 60% environ, mais la plainte actuelle parle d'exagération de 150 à 900%. En 2016, Facebook avait rétorqué qu'il s'agissait d'une erreur de calcul, mais selon les plaignants, les archives internes de l'entreprise montrent que la direction était au courant.

En 2016, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, avait parlé d'un «âge d'or de la vidéo» et dit qu'il ne serait pas surpris si, dans cinq ans, la majorité du contenu vu et partagé sur le réseau social serait de la vidéo. À partir de là, de nombreux médias ont décidé de licencier des journalistes qui écrivaient pour les remplacer par des spécialistes vidéo.

Deux journalistes de The Atlantic ont calculé que de 2016 à 2018, plus de 350 journalistes américains ont été licenciés «au moins en partie à cause des incitations de Facebook». Avec ses statistiques gonflées, sciemment ou pas, le réseau social avait changé la nature du marché de la publicité en ligne.

En 2016, le site Upworthy a licencié quatorze personnes pour se concentrer sur la création de «contenu vidéo original» et quatre mois plus tard, Mashable a licencié trente employés afin de privilégier les contenus vidéos. Un peu plus tard, c'était au tour de Fusion de licencier soixante-dix personnes, en partie car leur pari sur la vidéo n'avait pas généré autant de revenus que prévu.

lire la suite de l'article http://www.slate.fr/story/168851/fausses-statistiques-facebook-videos-licenciements


Michel Lecomte

Lien :https://www.smartrezo.com/le-concept-smartrezo/index.html

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