Réaménager gares, parking relais, stations services pour en faire des « tiers lieux multi services »
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Article N°17229

Réaménager gares, parking relais, stations services pour en faire des « tiers lieux multi services »

Inventons le monde de demain, avec les idées de demain

En tant que membre du bureau du Conseil de développement de la Métropole Grand Lyon, structure représentant plus de 300 associations économiques, sociales et culturelles représentatives de la Métropole de Lyon, nous avons travaillé sur la transformation par le numérique des pôles d'échanges ou pôles d'interconnexions, qui sont définis comme l'ensemble des tiers lieux de connexion entre différents modes de transport (gare relais, parking relais, stations services...).

L'ambition de notre contribution était d'envisager ces tiers lieux comme autre chose qu'un simple lieu de transit mais d'imaginer leur place, leur rôle dans les territoires de demain.

Comment ? En se transformant en lieux de vie et de connexion humaine, en proposant aux voyageurs et riverains à y faire escale, et faire des « temps morts » des tiers lieux où l'on gagne du temps, en récupérant dans des consignes de sécurité adaptées un pantalon au pressing, un panier légume provenant d'un agriculteur bio, ou ayant facilement accès à expert avocat, expert comptable, traducteur dans un espace de co working avec prise de RDV grace à un agenda/planning des postes partagés..

Cette co production d'un espace urbain (ou péri-urbain) co géré doit permettre à des acteurs différents (Autorités Organisatrices de Transport, Collectivités, Communes et Intercommunanités) de coopérer et mutualiser ensemble des services publics de qualité. D'où l'importance du numérique pour associer les élus locaux, les habitants et les acteurs du quartier aux projets d'aménagement du pôle d'échanges.

La Poste pourrait en faire partie, et ses nombreux services comme Recy'go
, le service de collecte et de recyclage de papiers, de livraison de proximité, de vigie, de santé, ou services d'installation et mise en main d’équipements, 

Nous avions pour cela identifier 5 profils types de « citoyen-usagers »
  • Actif et célibataire : besoins liés à la vie sociale et culturelle, au travail, aux rencontres et découvertes du territoire, au services pratique et rapides du quotidien
  • Actif avec enfant : besoins de services pratique et rapides du quotidien, éviter les ruptures dans la journée, produits de consommation de base
  • Scolaire/étudiant : besoins centrés autour des études, de la découverte de soi et des autres, services ludiques d'expression et de communication
  • Touriste d'affaires ou de loisirs : besoins de services d'accueil et de repères dans la ville, de services pratiques de « dépannage » type conciergerie, de s'informer sur les activités touristiques
  • Personne travaillant avec des horaires décalés : besoins de se connecter aux autres, d'opportunités d'échanges, de réconfort, de repos
Le numérique offre de nombreuses possibilités pour la personnalisation de services à l'usager liés à la mobilité et aux services du quotidien. Des applications intégrées pourraient permettre de coordonner les différents acteurs du territoire pour :
  • prévoir comment relier trains et bus, et co-voiturage dynamique et collaboratif, borne taxi auto partage, parking relais, horaires d'accès des services,
  • organiser du speedating dédié travail, business, amour, loisirs, des conférences improvisées sur la philosophie, l'entrepreneuriat, la ville intelligente etc...
  • réserver des espaces de troc (libre dépôt, libre services de savoirs
  • s'inscrire sur planning partagé pour mutualiser et partager certaines activités collaboratives (cours groupé de sport, d'aerobic, spectacles sur scènes éphèmères, exposition de ses propres œuvres, point bibliothèque, espaces de jeux, ludothèque)
  • passer commande d'un panier de produits frais ou bio
A nous d'inventer une nouvelle vie sur ces lieux de transit que nous fréquentons au quotidien pour en faire des lieux d'humanité où le citoyen redevient au centre du territoire.

Nous avons interrogé Tony Canadas, fondateur et Président de l'Association La Ville Intelligente Citoyenne (LVIC)  sur cette question. Il nous avoue aussi avoir travaillé sur la gare de demain et sur leurs aménagements serviciels, une problématique que beaucoup de communes rencontrent mais qui pourtant est une richesse pour le territoire...

« La gare connectée un atout important au territoire de demain. La ville concentre divers  systèmes qui sont créateurs de richesses dont il faut optimiser  et valoriser. Un  tableau de bord de la ville permettrait aux  dirigeants et aux citoyens d’avoir une  vision  synthétique de ce système.

La  gare pourrait-être considérée comme  une  ville  intelligente si elle respectait les critères suivants  :  Transports  et mobilité, sécurité, prévention  des risques, protection du citoyen, bâtiment  intelligent, gestion des  énergies, protection  de l’environnement, services aux citoyens,  services sociaux et développement de la  télécommunication pour faciliter les  déplacements du voyageur.

Nous pouvons définir « L’ intelligence  » par  l’implantation de puces// capteurs sur les  objets autour de son environnement , mais également sur leur  connexion  avec  les  personnes ainsi que sur la capacité des  systèmes à s'autoanalyser.

Les projets de villes intelligentes suivent le  même chemin : 

1) l’instrumentation  :  collecter  les  données

2)  l’intégration  :  partager  les  données 

3) l’analyse  :  développer  les  capacités  d’intelligence.

Nous pourrions également trouver un système d'aide au voyageur et  à sa gestion des titres de transport nnumérisée par exemple...

Revenons sur  le  thème  récurrent  de  la  saturation  qui  concerne  toutes  les  métropoles, en se demandant comment  mobiliser  le  numérique  afin  d’améliorer  la  situation.

Le  pari actuel  pour  le  transport  serait  de  saisir  cette  opportunité  pour  transformer le quotidien et la  ville/ territoire . 

Pour cela il faudrait un accompagnement des usagers au numérique urbain pour maîtriser correctement les applications mobiles.

Aujourd'hui les territoires  et  les opérateurs  se trouvent  dans  une  phase ou la maturité n'est pas encore atteinte sur la technologie.

Dès  lors  que  l’infrastructure serait en  place,  il faudrait mobiliser  les  intelligences  en  développant  des  services pour réduire la  congestion.

Les  informations  en temps  réel permettraient d’organiser  ou  de  modifier  les  parcours.

Avec cette technologie avancée nous pourrions parler de travail  à distance par eexemple le télétravail.

Nous parlons d'innovation: La  gare  en  déployant  une  série  de ressources  serait  encore  plus attractive et deviendrait  un  nouvel  espace, un lieu accueillant, chaleureux mais également d'échange et de partage.

Tony Canadas, qui ne manque pas d'idées poursuite "Pour moi la gare moderne dépasse le simple lieu d’accès  au  train  pour devenir  un  lieu  de consommation et de rencontre.

Il faut sortir du cadre de  son  environnement  technique  (ateliers  de maintenance,  quais de service,  dépôts) et  se  focaliser sur  l’accueil du voyageur ainsi que sur  l’intermodalité Pour bien comprendre , la technologie ne doit pas être accès uniquement sur le business mais doit être un accompagnement à la qualité de vie des citoyens.

- La technologie doit être un outil complémentaire à la présence humaine en  répondant  aux  besoins  de  communication,  de surveillance et d’accessibilité. 

- La  technologie de  communication  concerne l’information du  voyageur et celle-ci doit être fiable et précise surtout quand elle  s’adresse aux personnes à mobilité réduite,  aux personnes âgées, aux malvoyants et aux  malentendants.

- La  technologie de surveillance repose sur  la  vidéo, les bornes d’appel d’urgence et aussi sur une organisation en arrière-plan  interconnectée, rapide et efficace tout simplement mettre en place une télégestion contrôlée à distance par une  présence humaine.

-La technologie  d’accessibilité s’applique au bon fonctionnement des ascenseurs, des  escaliers mécaniques et de l’éclairage.

Les  outils  technologiques devraient contribuer à la création d’une gare "parfaite" dans laquelle le voyageur se sentirait à l’aise  et pris en charge. La  gare devrait être un  maillon de l’écoquartier ou du territoire intelligent en  tant que lieu instrumenté  où  l’on  mesurerait  des  consommations (eau, électricité) afin de les  maîtriser.

Nous pourrions doter le personnel de  géolocalisation ou  encore de pass  unique  multi-usage. Nous devons prendre conscience que  la  simplicité et le plaisir doivent présider  aux  usages du numérique. Il nous reste la partie la plus complexe, qui concerne  l’humain en tant que voyageur et non-voyageur.

Elle se présente comme une alternative au déplacement. Je m'explique : au-delà des commerces et des services déjà installés, on pourrait imaginer d’autres services contextualisés en fonction du voyage tels les post it virtuels qui informeraient sur les spécialités de la ville,  des lieux d’enseignement linguistique (cours  de remise à niveau), des locations et prêt de matériel (costumes, skis) ou qui s’inscriveraient dans la continuité naturelle  de nos occupations comme la possibilité de matérialiser son travail à l’aide d’imprimantes.

Il faut transformer la gare afin qu'elle ccorresponde à une réalité urbaine et du territoire. Par exemple  : Proposer un covoiturage dynamique avec une offre  de  covoiturage qui apparaîtrait sur le téléphone mobile ou panneau d'information numérique tout au long  du trajet. Le geste sans contact :  à  l’aide d’un  téléphone  mobile ou d'une  borne  passive  sur  un  quai délivrant l’autorisation de voyager  sans support papier( un  e-billet). Le  compagnon:  un assistant personnel doté de fonctionnalités innovantes comme le calcul d’itinéraires multimodaux en temps réel.

Descendre de son train, prendre à la sortie de la gare un vélo ou une voiture électrique libre service, un taxi ou un VTC (voitures de transport avec chauffeur) une voiture autopartagée... avec un simple pass valable pour tous les moyens de transport, c'est ce que propose la SNCF avec l'ID Pass, IDCab, IDVroom mais aussi KEOLIS avec son appli mobile PlanBookTicket 

L'IDPass devrait également intégrer Wattmobile, un service de location de véhicules électriques en gare qui se déploie progressivement. Chaque station est dotée de scooters Peugeot e-Vivacity et de voitures monoplaces Renault Twizy, dont la location s'effectue par internet

Le calculateur de CO2 qui permettrait la  recherche d’itinéraires verts par exemple la recherche d''un emplacement de bornes électriques.

Privilégier la mobilité propre. Je parle de créer un écosystème autour de la gare qui prendrait à la fois en compte l'environnement, la qualité de vie des citoyens et par la même occasion préserver notre santé. Avec ce schéma la nous pouvons imaginer une évolution de certains de nos métiers ainsi que la création de nouveaux métiers de services.

Donc un facteur intéressant pour booster nos offres d'emploi et ainsi redynamiser nos territoires ».

 

Cf ci-après vidéo sur le projet de transformation de la Gare du Nord se transforme pour mieux accueillir ses 700 000 visiteurs quotidiens et se ré-ancrer dans la ville (projet 2015-2023)



Olivier LUISETTI

Lien :http://garemixsaintpaul.grandlyon.com/

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