Brest : Retour du Canot impérial de Napoléon 1er à Brest en 2018
| Michel Lecomte - Journaliste | Musée | Divers  Vu 83270 fois
Article N°19047

Brest : Retour du Canot impérial de Napoléon 1er à Brest en 2018

Hier, mercredi 6 décembre, depuis le Salon nautique International de Paris, le vice-amiral d’escadre Emmanuel De Oliveira, préfet maritime et François Cuillandre, maire de Brest et président de Brest métropole, en présence du commissaire général Vincent Campredon, directeur du musée national de la Marine, ont tenu une conférence de presse afin d’évoquer le retour à Brest en 2018 du Canot impérial de Napoléon 1er. 

Son histoire
La construction du canot a été décidée dans le plus grand secret au printemps 1810, lorsque l'Empereur proposa de se rendre à Anvers pour visiter l’arsenal, dont il avait ordonné la création quelques années plus tôt.
L’ingénieur Guillemard fournit les plans du canot, tandis que le maître Théau, originaire de Granville, en supervise la construction. Les éléments décoratifs sont confiés au sculpteur anversois Van Petersen. En 21 jours seulement, l’embarcation est prête. Elle mesure plus de 18 mètres de long : le tiers arrière est dominé par un rouf spacieux destiné à accueillir les personnalités, tandis que les rameurs occupent tout le reste de l'espace. Son décor est alors assez sommaire.

 

Son évolution

En 1814, le canot est expédié à Brest. Son ornementation est complétée mais reste sobre, avec un aigle à la proue. Puis il subit de nouvelles modifications dans sa décoration avant la visite à Brest de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie en 1858.

C’est de cette époque que datent les éléments sculptés actuels, notamment la figure de proue représentant Neptune, le groupe arrière avec les armes impériales et, surmontant le rouf, une grande couronne soutenue par quatre angelots. Même les rames sont ornées de somptueux motifs peints. 

Son périple

Construit à Anvers, en 21 jours, pour Napoléon Ier qui avait fait connaître son intention de visiter les bouches de l'Escaut et les travaux de défense d'Anvers, le canot ne servit qu'une fois, à cette occasion. Il fut ensuite transporté à Brest et servit une seconde fois à Napoléon III en août 1858 lors de sa visite de l'arsenal, puis en 1903 lors de la venue du président de la République. En novembre 1922, il fut remis à l'eau pour le ministre de la Marine, Raiberti, à l'occasion du "Triomphe de l'École navale".

Destiné à l’oubli, le canot de l’Empereur aurait pu finir sous les bombes qui anéantirent Brest à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le miracle veut que le musée de la Marine soit alors en cours de constitution au Palais de Chaillot ; l’espace n’y est pas compté, l’embarcation impériale peut en être le fleuron. Il y fut transporté en 1943 sous la protection des autorités allemandes. La traversée de Paris en camion est un vrai spectacle pour les badauds. Toute l’opération est contrôlée, mesurée, minutée, mais à Chaillot, rien n’est prévu pour permettre au canot d’entrer dans le musée : les portes sont trop étroites ! Plus de deux années de négociations vont être nécessaires pour trouver une solution. Enfin, en août 1945, une énorme brèche est pratiquée dans le mur du Palais de Chaillot et, tout doucement, le canot impérial entre dans le sépulcre pour des dizaines d’années.

Le Canot Impérial en quelques chiffres

1810 : Construction du canot en 21 jours seulement !
1814 : Le Canot expédié à Brest
1858 : Modifications dans sa décoration
En 2018 : Il va être exposé aux Capucins, à Brest


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