Solitaire URGO Le Figaro: Communiqué - Point de convergence 11 septembre 2018 - 06h10  @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale

| Michel Lecomte - Journaliste | Voile | URGO-LE FIGARO 2018  Vu 137032 fois
Article N°21247

Solitaire URGO Le Figaro: Communiqué - Point de convergence 11 septembre 2018 - 06h10 @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale

© Alexis Courcoux
Après deux jours et demi de course, la flotte des trente-six Figaro Bénéteau 2 s’est regroupée en moins de vingt milles alors que le golfe de Gascogne ne propose qu’un maigre filet d’air depuis quasiment le départ ! Thierry Chabagny toujours leader, a bien du mal à se repositionner dans l’axe de ses poursuivants, désormais à portée de lance-pierres…

L’option de Thierry Chabagny (Gédimat) est toujours payante, mais le solitaire a de plus en plus de mal à contenir le retour par l’Est de ses chasseurs, à peine dix milles plus au Sud. Il faut dire que les conditions météorologiques ne sont pas très dynamiques sur le plan d’eau : à peine une huitaine de nœuds de secteur Est avec un brin de Sud-Est parfois. Le problème est qu’une dorsale coupe en deux le golfe de Gascogne… au niveau de Saint-Gilles Croix-de-Vie !
 
Il faut donc tenter de glisser le plus possible à terre pour espérer conserver un zest de brise ces prochaines heures, or le leader concède une dizaine de milles sur ce terrain-là face à Charlie Dalin (Skipper MACIF 2015), Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) ou Frédéric Duthil (Technique Voile), les plus en pointe du clan des chasseurs.




La chasse au Chabagny
En fait depuis le cap Ortegal, les solitaires ont cherché à se décaler par touches homéopathiques vers l’Est où le contournement de la bulle qui s’est installée au large de la Vendée semble le plus productif. Mais ce n’est pas évident de lâcher le groupe en perdant du terrain, pour se projeter cent milles plus loin ! Ainsi trouve-t-on un pack de trois solitaires très décalés en longitude avec Éric Péron (Finistère Mer Vent), Pierre Leboucher (Guyot Environnement) et Damien Cloarec (SafeRail), qui a multiplié les virements de bord lors de cette laborieuse remontée du golfe de Gascogne.

À l’opposé, Cécile Laguette (Éclisse) ou Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM-CS) qui étaient dans le sillage du leader, n’ont enclenché qu’un seul « pif-paf » pour ensuite glisser progressivement dans l’axe de la flotte. Alors quid de la suite ? Difficile de se prononcer lorsqu’il reste encore 120 milles au compteur et que cette bulle sans vent semble accrochée aux côtes vendéennes en ne laissant qu’un petit flux inférieur à huit nœuds. Quelle sera exactement la force et la direction de la brise ces prochaines heures pour le chassé et pour les chasseurs ? Faut-il encore grignoter les milles vers l’Est pour espérer se sortir de la nasse ? Il faudra probablement s’attendre à des atterrissages très serrés sur les Chiens Perrins, au Nord-Ouest de l’île d’Yeu qui définiront qui des « Nordistes » ou qui des « Estistes » se sortiront le mieux de ce marasme météorologique…

© Alexis Courcoux

Ils ont dit
Vincent Biarnes (Baie de Saint Brieuc) 








« Non ce n’est pas facile, c’est  le moins que l’on puisse dire. On se bat avec l’anticyclone qui est dans notre Nord depuis cette nuit. Le vent est particulièrement instable et donc il faut être sur le pont aux réglages et rester attentif, surtout que la fatigue commence à s’accumuler avec les jours de course donc il n’est pas facile de garder les yeux ouverts. 

La ligne de front était assez franche. Je n’ai pas très bien compris comment Thierry Chabagny a réussi à passer. Mais ce n’est pas encore fini. On est au plus proche de l’anticyclone maintenant vraiment tout va se jouer aux abords de l’île d’Yeu. Mais c’est rassurant d’être avec tout le groupe. Là on a plus le choix on est au près serré sur la route directe. La nuit a été exigeante. Il faut essayer de trouver des petits quart d’heure pour dormir ce n’est pas évident. »




                                                                                                                                                                        Gildas Mahé (Breizh Cola)








« Il y a un paquet qui a investi à droite (Eric Péron, Pierre Leboucher et Damien Cloarec) et au pointage, ça n’a pas l’air bon. Mais c’est tellement incertain et instable. Avec les conditions que j’ai là, je ne sais pas ce qui peut arriver. C’est compliqué décidément depuis le départ. Il faut mettre du coeur à l’ouvrage. Il n’y a pas moyen de dormir, il faut bosser tout le temps : à régler, régler, régler…  Essayer de faire marcher le bateau avec un vent vraiment instable.
J’essaye de lutter en vitesse avec Fred Duthil et Sébastien Simon, et les trois-quatre autres bateaux qu’il y a derrière Je vais déjà essayer de bien me sortir de ceux-là et après on verra ce que cela donnera sur les autres.
L’option Nord, j’y pensais mais c’était dur au départ, le bord était mauvais au début. Mais bien lui en a pris à Thierry ! Maintenant je ne sais pas comment ça va recroiser parce que depuis les derniers pointages, il a  perdu beaucoup de milles. Donc je ne sais pas ce que cela va donner au final. Il va y avoir du jeu encore ! Vu l’instabilité du vent, il reste encore 120/130 milles nautiquex à faire il y a encore du boulot…»






Sébastien Petithuguenin (Le Défi - Ensemble Contre Le Cancer)






«  Le golfe de Gascogne nous aura tout fait. A l’aller, c’était de gros coups de pieds aux fesses. Là, c’est plutôt des variations lentes, dans tous les sens. Il faut rester bien concentré. En fin d’après midi hier, j’étais complètement cramé. J’ai dormi un peu en début de nuit pour rester d’attaque parce qu’il faut vraiment garder le fil et rester concentré. Il y a des espèces de molles sur l’eau, avec de grosses varirations en force et en direction, il ne faut pas s’y perdre.
Je suis à l’arrière du peloton. J’ai pas trop compris où était passé Thierry Chabagny. Je ne sais pas s’il est décalé sous notre vent. En tous cas, je ne l’ai pas à l’AIS mais j’ai vu qu’ils avaient bien avancé avec Eclisse.
Je redoute un peu l’approche de l’ile d’Yeu s’il y a de la molle avec l’établissement d’un thermique de nuit. Mais on va dire que jusqu’ici tout va bien.»
 




                                                                                                                                                                     Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance)






« Elle nous laisse pas tranquille cette troisième nuit en mer, le vent n’arrête pas d’osciller, de ralentir, de revenir, C’est ballast, déballast, matossage dématossage. Je passe mon temps à régler les voiles. C’est un peu pénible et à la fois, ça matintient éveveillé et comme j’ai l’air d’aller bien, ça va.
J’ai l’impression que ça fait bien l’élastique. On est drôlement revenu sur le groupe qui a viré le premier, le groupe de Thierry (Chabagny). C’est rassurant, il reste 5 milles. Si ca reste comme ça, je pense qu’on va encore réduire notre écart. C’est ce qui me fait garder la motivation. On va passer une quatrième nuit en mer. Pour le moment, c’est un peu compliqué de se reposer, heureusement que j’ai pu le faire un peu avant. Mais quand le jour va se lever, j’espère que le vent sera un peu plus stable et qu’on va pouvoir faire quelques siestes.
Je pense que Thierry est encore un peu dans notre Est, je nevois pas où il serait autrement. L’écart va encore resserer avec lui. Peut être qu’il va rester premier, il a quand même fait une belle option. Moi, je ne pouvais pas tenter de gros coups, je suis resté avec les leaders au général et je suis assez satisfait de ma position.
Depuis le début, quand je voyais des bateaux devant moi au classement de 15 h, ils sont toujours plus dans l’Est. Je m’attends à un bon refus. Un bon retour de Nord Est. Tous ceux qui seront trop hauts  devraient bien s’aligner dans mon tableau enfin je l’espère »

 


Crédit photos:   © Alexis Courcoux

Michel Lecomte

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