Solitaire URGO Le Figaro: Communiqué - La nuit leur appartient @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale

| Michel Lecomte - Journaliste | Voile | URGO-LE FIGARO 2018  Vu 106062 fois
Article N°21190

Solitaire URGO Le Figaro: Communiqué - La nuit leur appartient @LaSolitaire2018 @Smartrezo @Tvlocale

Comme en Baie de Saint-Brieuc il y a une semaine, c’est une arrivée nocturne dans la Ria de Muros-Noia qui attend la flotte des 36 Figaros Bénéteau 2 partis dimanche pour la deuxième étape de La Solitaire URGO Le Figaro. A quelques dizaines de milles de la ligne, Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) menait toujours les débats mercredi après-midi, suivi par Eric Péron (Finistère Mer Vent), mais les derniers empannages à caler dans du vent fort et le contournement du Cap Finisterre peuvent encore redistribuer les cartes.

Après une traversée de la Manche record sur la première étape, les 36 skippers engagés sur La Solitaire URGO Le Figaro ont eu le droit à un Golfe de Gascogne tout aussi express, que les premiers, passés lundi après-midi dans le Chenal du Four, auront avalé en une trentaine d’heures, à 11-12 nœuds de moyenne, toutes voiles dehors dans un vent de nord-est forcissant de vingt à une trentaine de nœuds. « J’ai tout dessus, grand-voile solent et grand spi », a confirmé mardi à la mi-journée Loïs Berrehar (Bretagne CMB Espoir), à la lutte aux alentours de la 10e place avec son « concurrent bizuth préféré »,Thomas Cardrin (Team Vendée Formation). « C’est sympa, ça va vite, les milles défilent à vitesse grand V, ça ne laisse pas trop le temps pour dormir. La fatigue commence à se faire sentir, mais le pilote barre bien, donc je vais essayer d’aller me reposer avant le Cap Finisterre », a confié ce dernier.






Un Cap Finisterre dans toutes les têtes ce mardi, tant la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique est redoutée pour sa mer rendue plus forte par la remontée du plateau continental et pour l’effet d’accélération du vent qu’expliquait avant le départ de Saint-Brieuc Alexis Loison (Custo Pol) : « La combinaison de la côte assez haute et d’une dépression thermique crée du vent chaud venant d’Espagne qui va à la rencontre d’un air froid. La compression des deux systèmes provoque un rétrécissement des isobares, donc une accélération du vent, rendue d’autant plus forte qu’il y a une pointe ». C’est aux alentours de 21h que les premiers sont attendus au Cap Finisterre, où les fichiers annoncent 20-25 nœuds, ce qui signifie en réalité une dizaine de plus (les marins appellent ça le hors-taxe…), il aura auparavant sans doute fallu pour les plus à l’est caler un dernier empannage dans une trentaine de nœuds, un exercice éminemment périlleux.

 

« Ça aurait été plus simple d’aller au Cap Finisterre sans empannage, mais je crois que ça ne va pas être possible, ça sera peut-être dans le noir ce soir sous les falaises galiciennes, ça va être un peu hardcore, mais on n’a pas 40 000 solutions », commentait Corentin Douguet (NF Habitat) mardi à la mi-journée, tandis que Thomas Cardrin précisait : « Les empannages dans ces conditions, ça se passe comme on peut, ça dépend des vagues et du moment, l’idée est de trouver une petite accalmie et dès que la vague est bonne, il faut y aller d’un coup et ne pas se poser de questions. Après, le plus délicat, c’est de remettre le tangon, mais on y arrive toujours ».

 

Il le faudra et surtout, il faudra rester éveillé et sur le qui-vive pour négocier au mieux le contournement du Cap, au ras des falaises pour faire le moins de route possible mais pas trop près afin d’en éviter le dévent pour certains, un peu plus au large pour d’autres qui miseront sur plus de vent, mais devront parcourir plus de milles. C’est sans doute au regard de cette problématique bien compliquée à résoudre qu’il faut lire les décalages en latéral entre le duo Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance)-Eric Péron (Finistère Mer Vent), solides leaders de la flotte et bien partis pour arriver les premiers au Cap Finisterre, et le vainqueur de la première étape, Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire), un petit groupe composé de Xavier Macaire (Groupe SNEF), Pierre Leboucher (Guyot Environnement), Alan Roberts (Seacat Services) et Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) ayant opté pour une solution médiane. Passé le Cap Finisterre, la dernière difficulté sera de pénétrer dans la Ria de Muros-Noia, au près dans un vent qui sera au rendez-vous, de l’ordre d’une dizaine de nœuds, avant de franchir la ligne mouillée au pied de la digue du petit port de Portosin. L’ETA des premiers ? Entre 1h et 4h du matin…

 

Les mots du large :





Corentin Douguet (NF Habitat) :
 « Ça monte crescendo et l’état de la mer se dégrade, il va falloir agir. Mon départ, ça pouvait difficilement être pire, mais ensuite, j’ai bien bricolé dans le Four, je suis passé avec le bon paquet au bon endroit, ceux qui sont passés dans le Fromveur ont souffert, ça m’a remis pas trop mal. Ce n’est pas brillantissime, mais comme il y a des chances que la fin soit foireuse, je suis à portée de fusil si jamais il y a des opportunités à saisir. Cette nuit, j’ai pu récupérer un peu, là, il y aura de moins en moins de possibilités de dormir, donc il va falloir se mettre des claques pour tenir jusqu’à l’arrivée. A l’instant où je te parle, le pilote barre, il barre pas mal, ça permet de s’alimenter, de tenter une sieste, après, je ne sais pas combien de temps ça durera ».




 

 




Frédéric Duthil (Technique Voile) :
 « C’est chaud quand même, ce sont des conditions un peu sport, il faut être vigilant, en plus, c’est en train de monter gentiment à l’approche des côtes espagnoles, il va falloir faire très attention au matériel. Des bords sous spi comme ça, c’est quelque chose que j’affectionnais quand j’avais un peu de nav dans les pattes, là, je dois dire que je manque un peu de repères. Cette Solitaire est un peu rude, sans entraînement, les conditions ne sont pas faciles, c’est soit très mou soit très venté, je fais très attention, je ne suis pas à l’attaque comme j’ai pu l’être il y a quelques années. Mon mauvais départ ? On a tiré une option très malheureuse à terre avec Ronan Treussart du côté de Perros, on a vraiment ramassé sévère, on a décidé de passer sous les Sept îles, on a pris la bascule du mauvais côté avec une zone sans vent et on a vraiment décroché. Je suis content d’avoir pu recoller le paquet, on va essayer de passer ce Cap Finisterre sans encombre et l’arrivée peut réserver plein de surprises. Il y aura forcément un peu plus d’air que maintenant, mais c’est bizarre, avec cette dépression orageuse qui monte, peut-être que ça va atténuer un peu le vent, mais en général, quand on arrive au Cap Finisterre dans du nord-est, l’accélération est forte ».







 






Loïs Berrehar (Bretagne CMB Espoir) :
 « C’est un peu gîté, mais c’est largement maniable, après, l’état de la mer risque de nous limiter. J’ai Corentin Douguet juste devant avec un peu à son vent Thomas Cardrin, mon concurrent bizuth préféré, et derrière Frédéric Duthil, je suis bien entouré. Je suis grand spi GV haute et solent, j’ai tout dessus. J’ai réussi à dormir un peu et à manger ce matin, ça faisait du bien, parce qu’on a pas mal barré cette nuit et même s’il n’y en a plus pour très longtemps, le plus dur nous attend, il va falloir être bien d’attaque. Le vent devrait se renforcer à l’approche des côtes espagnoles et comme le plateau continental remonte, on va avoir une belle mer le long des côtes, ça s’annonce dans un tempo musclé, il faudra peut-être faire les changements de voiles à ce moment-là et quand on va enrouler la côte pour entrer dans la ria, ça va mollir franchement et on va revenir un peu plus dans un mode attaque. Le vent a pris de la droite, je pense qu’on n’aura pas besoin d’empanner, ça me va bien, parce que des empannages dans 30 nœuds, je n’en ai pas fait un million. Mais s’il faut empanner, on empannera, j’en ai fait un cette nuit et ça s’est très bien passé ».












Classement de 18h00
1. Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) à 100 milles de l’arrivée
2. Eric Péron (Finistère Mer Vent) à 2.4 milles du leader
3. Pierre Leboucher (Guyot Environnement) à 5.1 milles
4. Xavier Macaire (Groupe SNEF) à 5.9 milles
5. Alan Roberts (Seacat Services) à 6 milles
6. Anthony Marchand (Groupe Royer-Secours Populaire) à 6 milles
7. Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) à 7.4 milles
8. Thomas Cradrin (Team Vendée Formation) à 10.2 milles
9. Thierry Chabagny (Gedimat) à 10.7 milles
10. Martin Le Pape (Skipper Macif 2017) à 11.5 milles


Michel Lecomte

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