''Brest-Atlantiques-2019 '' seconde place pour MACIF après un final serré avec Actual Leader qui se classe 3ème @Batlantiques @GitanaTeam @trimaranMACIF@TeamActualeader #Smartrezo
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Article N°23537

''Brest-Atlantiques-2019 '' seconde place pour MACIF après un final serré avec Actual Leader qui se classe 3ème @Batlantiques @GitanaTeam @trimaranMACIF@TeamActualeader #Smartrezo

« Nous sommes super fiers de cette deuxième place »

Arrivés au ponton quai Malbert un peu moins de deux heures après avoir coupé la ligne d’arrivée de « Brest Atlantiques » à la deuxième place, François Gabart et Gwénolé Gahinet sont revenus sur leur gros mois de course, et notamment sur les avaries dont a été victime le trimaran MACIF.

Quelle saveur a cette deuxième place ?
François Gabart : Elle fait plaisir parce que ce n’était pas gagné, cette histoire. Nous avons eu des petits soucis, il a fallu se battre jusqu’au bout. Ça aurait pu s’arrêter bien avant. On a perdu un bout de dérive au Cap Vert, un safran avant Rio, un autre safran après Rio, un foil après Le Cap, on a six appendices, on a tapé quatre fois, à un moment, on n’a plus trop d’appendices pour diriger le bateau, donc c’est déjà cool d’être arrivés à Brest et d’avoir pu jouer la deuxième place. On aurait évidemment aimé jouer la première, mais ce n’était plus possible. Par contre, nous avons eu le plaisir d’avoir une autre compétition avec Actual Leader et on s’est régalés ces dix derniers jours dans ce jeu qu’on a eu avec eux.

Pouvez-vous revenir sur l'enchaînement des avaries ?
François Gabart : Au large du Cap vert, au quatrième ou cinquième jour de course, on tape et on perd le safran central. On continue à naviguer sans, en prévoyant une escale à Rio où l’équipe à terre a récupéré le safran de Banque Populaire après l’avoir modifié. Deux ou quatre heures avant d’arriver à Rio, on tape à nouveau et cette fois la dérive. Là, on a perdu tout le bas de la dérive, le plan porteur et environ 20-25% de dérive. A Rio, on constate les dégâts, on la sort, on voit qu’on ne peut pas repartir avec la dérive telle quelle, mais on ne peut pas non plus faire grand-chose parce qu’on n'a pas anticipé, sinon il aurait fallu rester cinq jours à Rio, donc l’équipe l'a découpée et on est repartis avec trois quarts de la dérive de base et une découpe assez sommaire, qui n’a pas super bien tenu, dans le sens où, 24-48 heures après être repartis de Rio, dans des conditions assez délicates, toute la peau bâbord de la dérive s’est arrachée. Donc en bâbord amure, on s’est retrouvés avec une petite dérive qui ne marchait pas très bien. Quelques jours après, vers Gough Island, on retape le safran central qu’on avait mis à Rio, donc on le reperd. Et quelques heures après, et ça, c’était assez inconfortable, on a perdu la connexion entre la barre et le safran de flotteur tribord, ce qui fait qu’on s’est retrouvés à un moment donné sans safran central ni safran tribord dans une mer assez difficile. On a fini jusqu’au Cap avec juste le safran de flotteur au vent, c’était un peu bizarre comme navigation. On s’est ensuite arrêtés au Cap, soit on attendait une semaine pour récupérer un safran central, soit on repartait sans, on a pris la décision de repartir sans, l’équipe a quand même continué à travailler sur le sujet en se disant qu’on pouvait éventuellement en remettre un sur une escale à Recife, au Cap Vert ou aux Açores. Et 48 heures après être repartis du Cap, on a tapé le foil tribord : le bord d’attaque du foil et tout le système de rake se sont arrachés, on avait aussi de l’eau qui rentrait. C’était le quatrième impact. Dans notre malheur, on a eu la chance que même si à ce moment-là, on était dans dans du bâbord amure au large de la Namibie, on savait que pour remonter jusqu’à Brest, il y avait 70-80% de tribord, donc qu'on allait être moins impactés. Mais sur les quelques bords bâbord, on a beaucoup perdu par rapport à Actual, notamment après la Namibie, on n’avait plus d’appui sur le foil.


 

Photo : Arnaud Pilpré/Brest Atlantiques
Le bateau était-il compliqué à mener ?
François Gabart : Oui, il n’était pas simple à mener et c’était hyper frustrant, parce que tu as un bateau capable d’aller super vite à l'entraînement et là, il n’avance pas. C’est dur, parce que déjà, ce n’est jamais agréable d’abîmer un bateau, ensuite, c’est frustrant et c’est quasiment depuis un mois que c’est comme ça. Cette frustration a été super dure à vivre.
Gwénolé Gahinet : On peut dire un grand merci à toute notre équipe, parce que c’est aussi grâce à elle qu’on a aussi tenu. Ils en ont bavé avec toutes ces avaries. A chaque nouvelle avarie, ça prenait des allures de mission spatiale en sauvetage. On leur disait : « On a encore cassé, comment on fait ? ». Ils imaginaient des procédures de réparation, de pompage, de changement de safran en allant en récupérer chez les autres équipes, ça a été assez intense pour eux et on peut leur dire un grand bravo.

Qu’est-ce qui vous a fait malgré tout continuer ?
François Gabart : Tout simplement l’envie de revenir à Brest. Et mine de rien, il y avait quand même du jeu avec Actual. Ce n’était pas simple mais on voyait qu’on pouvait naviguer jusqu’à Brest avec un niveau de sécurité satisfaisant et jouer cette deuxième place, on n’a pas de regrets, parce que nous sommes allés la chercher, nous sommes contents et très fiers de cette deuxième place.

Est-ce pour une éventuelle escale à Recife que vous avez choisi cette option à l’ouest en Atlantique Sud ?
François Gabart : Non, on ne la prend pas pour ça, mais c’est vrai que c’est un élément en plus, on sait à ce moment-là qu’il y a huit ou neuf chances sur dix qu’on ne s’arrête pas.

Avez-vous des regrets au niveau stratégique et météo sur cette option osée ?
François Gabart : Nous n’étions pas très nombreux. S’il y a cent bateaux et qu’il n’y en a qu’un qui fait quelque chose de différent, ça peut être un peu osé, là, on était trois dont Gitana qui était déjà décalé et avait une trajectoire assez logique de par sa position, donc finalement, on était juste avec Actual, ils étaient un peu en avance sur nous, un est parti à droite, l’autre à gauche, je pense qu’on a gagné.
Gwénolé Gahinet : L’option était bonne, bravo à notre équipe de routage qui nous a vraiment bien conseillés là-dessus. Ce n’était pas évident. On a passé trois-quatre jours où on investissait vraiment dans l’ouest, on ne s’approchait pas vraiment de Brest, c’était un peu dur de tenir le cap au début de cette option, mais au final, ça a bien payé. C’était une petite fierté que ça passe.

Les quelques jours dans une mer de face après Rio ont-ils été difficiles à vivre ?
Gwénolé Gahinet : Oui, on a eu quelques jours vraiment durs, c’était dur de voir le bateau souffrir comme ça, ce ne sont pas vraiment des bateaux faits pour le près et il y en avait pas mal dans de la mer vraiment horrible. En plus, c’était compliqué de trouver la bonne vitesse pour ne pas trop faire souffrir le matériel, on était quelque part un peu obligés d’aller vite, parce qu’on avait besoin de rester en avant de la dépression. Au niveau de la vie à bord, c’était vraiment inconfortable. On était contents d’attaquer une portion plus sympa après.

De par son parcours et sa longueur, « Brest Atlantiques » était-elle une course difficile ?
François Gabart : Oui, ce n’était pas une course simple, parce que nous avons eu des conditions compliquées, nous n’avons d’ailleurs pas été très très vite. Par contre, il y avait des contraintes, à Rio, au Cap, si bien qu’on s’est retrouvés à naviguer dans des endroits pas simples. S’il n’y avait pas eu le passage à Rio, je pense qu’on aurait peut-être trouvé des trajectoires un peu plus faciles. C’était un parcours difficile, mais je pense que pour la classe Ultim 32/23 dans sa globalité, c’était intéressant, nous avons appris beaucoup de choses.

Les « Ultim » ont-ils franchi un palier ?
François Gabart : Je reste persuadé que ces bateaux, malgré toutes les avaries, sont d’une fiabilité extraordinaire. Si la course s’était arrêtée au Brésil, il y aurait eu quatre bateaux qui auraient terminé, et on n’aurait pas entendu parler de « T board » (plan porteur de dérive), ça serait passé comme une lettre à la porte et on aurait traversé tout à 30 nœuds. Ces bateaux sont capables de naviguer super vite longtemps, on peut faire des tours du monde avec, voler au large avec des vitesses folles, après, forcément, quand on va aussi vite et aussi longtemps, il arrive de petites histoires, c’est aussi le jeu de la course au large.

Un mot sur les vainqueurs de « Brest Atlantiques », Franck Cammas et Charles Caudrelier ?
François Gabart : La course qu’a faite Gitana a été juste magnifique du début à la fin. On rêvait de voler sur cette course, on n’a malheureusement assez rapidement pas pu le faire, par contre eux ont réussi et l’ont fait d’une manière assez magnifique. Avec l’avance qu’ils avaient, ils auraient pu gérer différemment, mais ils ont continué à pousser la machine jusqu’au bout. Un grand bravo à eux et à toute leur équipe aussi, parce que si ce bateau a fait cette course, c’est aussi parce que derrière, une équipe a bossé pendant des années pour le mettre au point, il arrive à maturité, c’est beau à voir.

Comment s’est passée la cohabitation entre vous trois ?
François Gabart : Je pense que ça s’est super bien passé. Ce n’est pas simple de vivre sur un bateau comme ça pendant 30 jours, il n’est pas du tout fait pour ça, mais je suis super fier de cette équipe, je pense que nous avons passé un bon moment.
Gwénolé Gahinet : C’était top ! C’est vrai qu’il faut s’adapter à l’espace un peu confiné, mais je pense qu’on a bien trouvé nos repères assez vite. Avant de partir déjà, on était confiants, en un mois, on a connu pas mal de galères, et à chaque galère, on a réussi à l’aller de l’avant, à garder le moral, c’était vraiment bien. on a aussi échangé sur plein de sujets, sur plein de passions en commun entre la montagne, les sports de glisse… on avait pas mal de choses à se raconter.
Jérémie Eloy : Vous allez me manquer, parce que ce soir, je ne dormirai pas avec vous !

Avez-vous eu le temps d’apprécier les côtes namibiennes malgré toutes vos avaries ?
Gwénolé Gahinet : C’était très très beau, nous avons eu le temps quand même de regarder un peu. Et c’était super sympa de voir autant de vie marine, avec plein d’oiseaux, des phoques, des baleines, c’était vraiment magnifique, tout ça avec un décor désertique, c’était assez incroyable.
Jérémie Eloy : C’était mon job de leur dire que c’était magnifique ! On a sorti le drone, c’est un super souvenir. Avec Gough Island, un autre très bon souvenir parce que c’était juste après les trois jours difficiles après Rio, ça nous a fait du bien de voir cette île. Et l’arrivée à Rio, autour des îles, avec du vent et une belle lumière, c’était parfait pour faire de belles images.

Que retiendras-tu, Jérémie, de « Brest Atlantiques » ?
Jérémie Eloy : La relation que nous avons eue tous les trois pendant 30 jours, on s’est bien entendus, tout s’est bien déroulé, c’est surtout ça qui me restera. Si demain matin, ils veulent repartir, je repars avec les deux !


 

Actual Leader complète le podium Brest Atlantiques
 



Actual Leader a pris la troisième place de Brest Atlantiques, Yves Le Blevec et Alex Pella ayant coupé la ligne d'arrivée ce samedi à 12h29'22 après 32 jours 1 heure 29 minutes et 22 secondes.

Seul des quatre trimarans de la classe Ultim 32/23 à ne pas avoir observé d'arrêt technique, Actual Leader a clôturé Brest Atlantiques en terminant troisième. Yves Le Blevec et Alex Pella, qui auront jusqu'au bout menacé François Gabart et Gwénolé Gahinet pour la deuxième place, ont coupé la ligne ce samedi à 12h29'22 après 32 jours 1 heure 29 minutes et 22 secondes de mer. Ils auront parcouru un total de 17 061 milles (l'orthodromie est de 13 752 milles), à 22.17 milles de moyenne réelle. Actual Leader termine 4 heures 45 minutes et 32 secondes après le trimaran MACIF et 3 jours 2 heures 4 minutes et 36 secondes après le vainqueur, le Maxi Edmond de Rothschild. Sa meilleure journée sur ces 32 jours de course aura été dans l'Atlantique Sud sur la route du Cap le 19 novembre avec 700.5 milles parcourus en 24 heures, à 29.2 noeuds de moyenne.


Brest-Atlantiques

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