Benoît Biteau Eurodéputé : Rencontre avec Stéphane Delmotte, betteravier bio @EELV @BenoitBiteau @gruffat_claude @eelv_hdf @yjadot  #StopNeonicotinoides #PAC
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Article N°24551

Benoît Biteau Eurodéputé : Rencontre avec Stéphane Delmotte, betteravier bio @EELV @BenoitBiteau @gruffat_claude @eelv_hdf @yjadot #StopNeonicotinoides #PAC

Je me suis rendu, en compagnie de mes collègues députés européens Yannick Jadot et Claude Gruffat, à proximité d’Arras pour rencontrer Stéphane Delmotte, qui produit des betteraves bio. Les obstacles à sa conversion en bio sont nombreux (manque d’accompagnement, réflexes corporatistes malveillants…), mais les résultats sont déjà là et il s’en réjouit. Au menu de cette rencontre : #neonicotinoides, #PAC & avenir de la filière betterave.
 
Au milieu de l’été, le gouvernement Castex a décidé d’accorder des dérogations aux betteraviers pour qu’ils puissent, l’année prochaine, semer des graines de betteraves traitées par des insecticides à base de néonicotinoïdes. En effet, cette année, certaines parcelles de betteraves ont été infectées par la jaunisse virale nanisante véhiculée par des pucerons, provoquant des pertes de chiffre d’affaire conséquentes pour les producteurs. Le gouvernement a donc fait le choix de permettre aux betteraviers de semer l’an prochain des semences enrobées de pesticides pour éviter qu’ils ne cumulent deux mauvaises années… et donc « sauver la filière de la betterave sucrière ».


Cette argumentation est manipulatrice et trompeuse.
D’abord, la communication du gouvernement a été volontairement démagogue : les néonicotinoïdes sont présentés comme LA solution d’urgence pour sauver les récoltes, et les revenus de cette année, comme si c’était un médicament qu’on allait pouvoir administrer aux betteraves pour qu’elles n’aient plus la jaunisse. Cette présentation est trompeuse : les néonicotinoïdes sont des pesticides qui enrobent les graines. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont extrêmement toxiques, car ils migrent dans tous les tissus de la plante, dans l’eau et dans les sols. Ils ne « sauveront » pas la récolte de cette année. Le caractère d’ « urgence » a donc été détourné pour justifier cette dérogation.
 
 
Cette décision permet en revanche de cacher le fond du problème : la filière de la betterave est en crise grave depuis la fin des quotas (2017), quasi sous respirateur artificiel. Ce n’est pas uniquement de la faute des attaques de pucerons de cet été si les agriculteurs qui cultivent des betteraves souffrent ! Depuis trois ans, ils doivent faire face à la concurrence d’entreprises gigantesques qui ont des plantations de dizaines de milliers d’hectares au Mozambique ou au Brésil. La surproduction entraîne l’effondrement des cours mondiaux. Pour s’assurer un revenu et parce qu’ils sont rémunérés à la quantité produite, les agriculteurs cherchent tous à produire plus. Le cercle vicieux est enclenché. Le gouvernement est donc face à un défaut de régulation et de structuration de filière !
 
 
Et enfin, le gouvernement a volontairement occulté la responsabilité de la monoculture dans cette crise des betteraviers. Effectivement, de nombreux agriculteurs sont en grande difficulté car une trop grande partie de leur chiffre d’affaire dépend d’une seule production. La polyculture permet d’éviter cela, de limiter les risques et d’être moins vulnérables économiquement en cas d’aléa (maladie, sécheresse, pluie, vent etc.). Cela revient à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. D’autant qu’avec le dérèglement climatique, ces aléas sont amenés à se reproduire et augmenter en fréquence et en intensité. Certains ont le courage d’aller vers le sucre bio, accompagnons-les.

 
 
A un problème structurel, le gouvernement a apporté une réponse de court-terme, qui ne réglera pas la fragilité de la filière et qui pénalisera durablement la biodiversité et la santé des écosystèmes.
 
La PAC est le principal levier pour sortir de ce cercle vicieux et proposer des solutions durables, à la fois sur le plan économique et écologique. Malheureusement, la réforme proposée par la Commission européenne n’apporte pas de solution. Elle ne permettra pas au cours du sucre de remonter. C’est une des raisons pour lesquelles, je me bats avec mes collègues écologistes au Parlement européen pour rejeter cette PAC.

Benoît Biteau

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