Laurence Aëgerter - Ici mieux qu’en face du 6 octobre 2020 au 17 janvier 2021 - Le Petit Palais
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Article N°24321

Laurence Aëgerter - Ici mieux qu’en face du 6 octobre 2020 au 17 janvier 2021 - Le Petit Palais

Le Petit Palais invite cet automne l’artiste Laurence Aëgerter à intervenir au sein du musée et de ses col-lections pour sa première exposition monographique à Paris. Sa proposition reflète son insatiable curiosité pour un lieu qu’elle a arpenté pendant plus de deux ans et sur lequel elle pose son regard sensible et poétique. Le parcours est articulé autour d’une cinquantaine d’œuvres distillées dans les différents espaces du musée jusqu’au jardin, inventant ainsi des vis-à-vis troublants et stimulants avec les collections. Touchée par leur grâce et leur fragilité, l’artiste vient prendre soin de ces objets et leur offrir de nouvelles vies.

Laurence Aëgerter est une artiste pluridisciplinaire qui aime utiliser différents medium pour servir son imagination : pho-tographie, tapisserie, céramique ou encore installations in situ. Ces œuvres participent d’un même désir d’échappatoire. Entre illusion et réalité, elle construit des histoires. Sur le principe du miroir ou du trompe-l’œil, elle aime retourner les situations et ouvrir d’autres champs des possibles à la représentation du monde. Dans ce voyage inattendu qu’elle propose au visiteur du Petit Palais, Laurence Aëgerter nous accompagne à travers plusieurs siècles d’histoire de l’art et offre une autre lecture du musée en soufflant un vent de liberté.

Le parcours s’ouvre avec un miroir gravé de cette formule « Ici mieux qu’en face » comme une métaphore du double et de l’évasion, thèmes chers à l’artiste. Ce désir d’échappatoire est également invoqué avec la pièce « Confetti » constituée des 58 038 photographies que contenait le téléphone de l’artiste. Chaque image est réduite à la taille d’un confetti, réactivant ses souve-nirs qui peuvent ainsi s’offrir une nouvelle liberté. L’exploration de la dualité trouve une résonance toute particulière dans la salle impressionniste où elle propose un dialogue avec l’un des chefs-d’œuvre du musée, « Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt » de Claude Monet. Sa tapisserie reprend le même motif que le tableau, seulement ici, le soleil se répète cinq fois, tel un ricochet qui étend le motif cher au maître impressionniste.

La permanence de la mémoire, le chemin du temps et la précarité de nos existences ne cessent égale-ment de l’habiter. Toute en délicatesse, dans la galerie des grands formats, elle pare plusieurs sculptures d’un «Schutzmäntel » (manteau de protection) faisant référence au manteau de la Vierge qui protège les humbles et les faibles. Elle veille sur les sculptures et souhaite aussi aider les vivants, notamment les per-sonnes touchées par la maladie d’Alzheimer. Encadrée par des médecins, Laurence Aëgerter leur demande de choisir des images en noir et blanc que les malades associent en diptyques et qui sont ensuite sérigra-phiés avec des encres parfumées à l’eucalyptus, à la rose, à l’orange ou à la menthe poivrée. Ces œuvres leur permettent d’améliorer leur bien-être et de stimuler leur imagination.Sa poésie s’exprime pleinement lorsque dans la galerie Tuck du Petit Palais, elle fait pleurer une harpe du XVIIIe siècle en lui fournissant des cordes sur lesquelles s’accrochent des larmes de verre contenant de minuscules chiffres et lettres qui composés ensemble évoquent des noms et des numéros de téléphone de personnes perdues ou aimées. Ainsi s’égrènent ses interventions sensibles à travers tout le parcours des deux étages des collections du Petit Palais


À propos de Laurence Aëgerter

Le travail de Laurence Aëgerter comprend à la fois des installations, de la photographie, des livres d’ar-tistes ainsi que des projets au service de communautés fragiles souffrant de troubles mentaux. Son œuvre est imprégné d’un goût développé depuis l’enfance pour les tableaux et les antiquités, les encyclopédies et les manuels pratiques, les catalogues de musées et les images. En 1993, elle quitte la France pour les Pays-Bas, où elle vit et travaille depuis. Fascinée par les chefs-d’œuvre comme par les plus petits objets du quo-tidien, elle s’émerveille sans relâche de la beauté des choses et de l’infinité de leurs perceptions. Laurence Aëgerter a bénéficié ces dernières années de plusieurs expositions personnelles : aux Rencontres d’Arles, au M A M A C de Nice ou encore à l’Hermitage Museum d’Amsterdam. Elle sera en résidence à la Manufac-ture de Sèvres en 2021.


L’exposition a été réalisée grâce au Mondriaan Fund.
Elle bénéficie du soutien de l’Ambassade des Pays-Bas.
COMMISSARIAT :
Fannie Escoulen (commissaire invitée), Christophe Leribault, Clara Roca (commissaires du Petit Palais)
 
 

Avenue Winston Churchill 75008 Paris

Tel : 01 53 43 40 00

Gratuit : - 18 ans


Source La Petit Palais

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