100.000 handicapés psychiques à l’abandon : enfin des réactions de candidats à la Présidence…


100.000 handicapés psychiques à l’abandon : enfin des réactions de candidats à la Présidence…

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Article N°17767

100.000 handicapés psychiques à l’abandon : enfin des réactions de candidats à la Présidence…

A ce jour, presque la veille du premier tour des présidentielles, deux candidats (sur 11 !) ont pris la
peine de répondre à la lettre ouverte du 23 mars (voir http://www.tvlocale.fr/n31-france/article-aunom-
de-100-000-citoyens-sans-voix.html?id=17699) les alertant sur le sort de plus de 100.000 handicapés psychiatrique à l’abandon.

Voici leurs réponses (et les nôtres) :

Réponse de LUTTE OUVRIERE, Mme Nathalie ARTHAUD (reçue par courriel le 17/04/2017)
 
Monique PELLETIER
Claude HOVHANESSIAN-GANDILLON
Dr Roger SALBREUX

Mesdames, Monsieur,

Comme vous, je pense qu’il y a urgence à mettre en place les mesures nécessaires au bon fonctionnement des structures chargées de la santé mentale, comme il y a urgence à prendre des mesures pour toute la santé.

Vous pointez avec juste raison la situation scandaleuse due au manque de places dans les établissements spécialisés qui voit plus de 100 000 patients ne pas bénéficier d’une prise en charge adaptée, ou même ne bénéficient d’aucune prise en charge.

Les économies que l’État oblige les services de santé à réaliser se traduisent par moins de personnel dans les hôpitaux. Le nombre de lits d’hospitalisation ne cesse de diminuer en psychiatrie

Cette destruction des capacités aboutit au mieux à laisser les malades à la charge de leur famille, quand ils en ont. D’autres sont envoyés dans les établissements spécialisés en Belgique, loin de leurs proches. Bien d’autres ne sont simplement plus soignés, les plus malchanceux finissant à la rue ou en prison. Vous soulignez à juste titre que 60 % des SDF ont des troubles psychiatriques et que 50 % de la population carcérale devrait relever d’une structure sanitaire et non pas carcérale.

Vous préconisez l’encouragement à la création d’établissements privés ou associatifs dont vous soulignez les moindres coûts de fonctionnement en comparaison de l’hôpital public. Vous êtes des spécialistes de la question et vous savez de quoi vous parlez, mais je souhaite que la politique de restriction ne conduira pas créer des établissements de moindre coût reposant bien souvent sur une médicalisation et un taux d’encadrement insuffisant. On ne peut non plus passer sous silence la précarité et les conditions de travail et de rémunération du personnel…

Ce sont les autorités étatiques qui, en tarissant le financement des structures hospitalières, en se déchargeant de tout le secteur éducatif et social sur les collectivités locales ou les associations, désorganisent la psychiatrie publique et portent la responsabilité des abus constatés.

En utilisant l’argent actuellement versé à fonds perdus aux entreprises, il est urgent que l’État embauche massivement dans tous les services publics où le personnel manque cruellement, et notamment dans tout le secteur de la psychiatrie auquel il faut redonner les capacités d’hébergement nécessaires.

Recevez, Mesdames, Monsieur, mes sincères salutations.

Nathalie Arthaud


Notre réponse à Mme Arthaud (courriel du 18/04/2017 à Mme Martine Anselme qui nous a transmis le message de Mme Arthaud) :
 
Bonjour Madame,

Nous remercions vivement Madame Arthaud de sa réponse circonstanciée.

Nous souhaitons la rassurer sur les établissements de soins privés, notamment associatifs, tels les cliniques de psychothérapie institutionnelle, pour ne citer que ceux-là : ces établissements reçoivent sans limite de durée les psychotiques les plus lourdement atteints dans un contrat de soin participatif patients/soignants (la psychothérapie « institutionnelle ») avec moins de médicaments et plus d’activités et d’encadrement (dont l’accès libre au psychiatre), alors que l’hôpital public tend à recevoir des courts et moyens séjours en pratiquant surtout des traitements chimio-thérapeutiques. Il y a complémentarité entre les deux selon les cas médicaux. Mais :

 
- Comme le souligne Mme Arthaud, il y a des destructions de capacités dans le secteur public. Ces destructions sont plus « humaines » que « matérielles », la France disposant encore récemment, sur le papier, d’un nombre de lits comparable à celui de l’Allemagne, quoique cela change rapidement à coups de fermetures ;
- Il ne reste que quatre cliniques de psychothérapie institutionnelle à but non lucratif en France, soit quoi ? +/- 1000 places, assurément moins de 2000. C’est infime par rapport au nombre de malades qui ont besoin d’une prise en charge hébergée sans limite de temps et n’ayant pas les moyens d’être pris en charge dans le secteur privé à but lucratif. Or c’est dans ces malades que se trouvent les 100.000 abandonnés dont on parle ;
- De nouvelles techniques, le cas échéant (mais pas systématiquement) alternatives aux autres, existent mais sont encore trop peu répandues. Il s’agit de la remédiation cognitive ou des approches cognitivo-comportementales. A ce jour, du moins à notre connaissance, elles n’ont jamais été pratiquées dans des établissements de séjour de durée adaptée y compris très longue.

 
Encore une fois, merci à Mme Arthaud, dont nous nous sommes empressés de transmettre le courriel aux cosignataires, Mme Pelletier et le Dr Salbreux.

Avec mes plus sincères salutations,

Mme Claude Hovhanessian-Gandillon
* * *

Réponse de DEBOUT LA FRANCE, M. Nicolas DUPONT-AIGAN
Par Julien DELAMORTE,
Délégué national au handicap de Debout la France
 
A la suite de notre entretien téléphonique je vous confirme que Nicolas Dupont-Aignan a
prévu dans son programme un budget de 5 milliards d'euros par an et de créer 40 000 places dans les des centres spécialisés pour les personnes handicapés (tout handicaps confondus).

A la suite de nos échanges, je vous confirme que je souhaiterais créer des places pour les
handicapés psychiatriques (environ 5 000)1
sans en avoir une idée précise de la mise en placemais que nous nous appuierons sur les compétences d'experts reconnus en la matière tels quele Conseil National Handicap, […] afin d'optimiser l'efficacité du dispositif et rendre un meilleur service à la personne.

Ce dispositif devra être à l'écoute des professionnels de la santé, des besoins des personneshandicapés et responsabilisant pour notre Société !


 
Notre réponse à M. Nicolas DUPONT-AIGNAN (via courriel du 19/04/2017 à M. J. Delamorte)

Merci, Monsieur Delamorte, de votre réponse.

Nous prenons acte du programme ambitieux de M. Dupont-Aignan en faveur du handicap en général.

Nous notons aussi que, sur les 40.000 places de centres spécialisés que vous prévoyez de créer au bénéfice des personnes handicapées, 5.000 seraient dévolues au handicap psychiatrique. Un bon début, mais il faut savoir que ce n’est qu’une très faible partie des besoins.

Rappelons que les personnes handicapées les plus lourdement (et pratiquement irréversiblement) atteintes (psychoses chroniques telles que schizophrénie et maladie apparentées) ont un libre arbitre (donc leur autonomie) le plus souvent réduit à zéro puisqu’elles n’ont pas, en tout cas pas en permanence, le contrôle de leur cerveau. Elles ont donc besoin de structures de soins qui soient aussi des lieux de vie, et de vie digne des êtres humains qu’elles sont avec les même droits que les autres citoyens, qu’ils soient handicapés ou valides. Or ce sont ces équipements qui manquent le plus cruellement en France.

Le Conseil national handicap, dont le champ d’action est transversal pour tous les types de handicap. Mme Claude Hovhanessian-Gandillon, responsable et référente pour le problème qui nous occupe vous fournira, pour le handicap qui nous concernant effectivement les contacts utiles à votre projet. Meri de laisser vos coordonnées sur le formulaire de contact :
http://www.tvlocale.fr/n31-france/contact.html
Bien sincèrement

Mme Claude Hovhanessian-Gandillon

Mme Claude Hovhanessian-Gandillon

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